Eta - the fastest bike on earth

AeroVelo présente Eta, le vélo-bolide

Illustration : Mark Thomas

Fantastique ! Un cycliste a développé la puissance automotrice la plus rapide du monde. Usain Bolt : chaud devant !

2 hommes, 1 idée :
Cameron Robertson et Todd Reichert

Cameron Robertson et Todd Reichert 2015, ces ingénieurs aéronautiques lancent leur speedbike ­Eta sur une route du Nevada, battant le record de la vitesse générée par l’homme : leur « vélo » atteint 139,45 km/h.

À l’intérieur se trouve l’un des moteurs les plus anciens au monde : l’homme, alias Reichert.

THE RED BULLETIN : Pourquoi fallait-il améliorer la propulsion humaine ?

ROBERTSON : « Un humain possède la puissance d’une petite perceuse électrique (c’est-à-dire moins d’un ch). Cela modifie l’approche du concepteur. Car un homme est au cœur d’un véhicule qui peut, lui, prendre n’importe quelle forme, comme un avion à ailes battantes, comme nous l’avons vu par le passé. Le domaine du possible s’élargit. »

Cameron Robertson, 30, & Todd Reichert (left), 34

Les ingénieurs en aérospatiale Todd Reichert (à gauche), 34 ans, et Cameron Robertson, 30 ans, ont conçu l’Eta, le vélo le plus rapide du monde. 

Vous ­battez le record de ­vitesse dans un œuf. 

ROBERTSON : « C’est un véhicule ­aérodynamique à propulsion ­humaine. Tout dans Eta est conçu pour la vitesse, un rendement ­maximal et une puissance minimale : faible résistance au roulement, des roues aux composants ultralégers facilitant l’accélération, un cadre rigide pour une transmission efficace de la puissance du pilote vers le véhicule. Son aérodynamisme dépasse largement celui d’un vélo classique. »

Vous êtes devenu le ­meilleur concepteur de 
vélo au monde…

ROBERTSON : « Nous sommes incapables de réaliser un vélo meilleur que ceux de Trek ou Cannondale. Ce sont des créateurs intelligents avec un savoir et des outils adaptés aux problèmes qu’ils doivent résoudre. Notre vélo est conçu pour rouler à une vitesse folle par la seule force des jambes. Le record qu’il a établi en fait à ce jour le véhicule le mieux placé pour relever ce défi. » 

Le 17 septembre 2015, l’Eta d’Aerovelo battait le record du monde de propulsion humaine.

© Aerovelo Inc // YouTube

L’humain y joue certainement un rôle clé ?

REICHERT : « Les deux sont importants. Le meilleur vélo au monde n’est rien sans l’athlète qui le fait avancer et battre des records. En ­revanche, ­manier ce vélo n’est pas à la portée de tout cycliste professionnel. ­Pédaler allongé dans une cellule ­fermée avec une marge de guidage de quelques millimètres, sur un écran vidéo, ne s’improvise pas. » 

Comment s’est passé le jour où vous avez réussi à battre le record ?

REICHERT : « J’étais nerveux car les ­années précédentes les vélos n’étaient pas au point, la sortie de route menaçait à tout moment. Mais la coquille est résistante, cela se solde par une glissade ou quelques tonneaux mais on reste à l’abri. La course dure environ quatre minutes trente pour couvrir les 8 km. On ­atteint 100 km/h durant les premiers 1 500 mètres. À 1,5 km de l’arrivée on sait si le record sera battu ou non. »

En détail

Quatre vitesses : transfert au top de l’énergie humaine vers les roues à faible résistance.

Écoulement laminaire, 100 fois moins de résistance à l’air qu’une auto.

Vision sur écran vidéo et non un pare-brise, pour une aérodynamique améliorée.

À quand un record supérieur aux 139,45 km/h ?

ROBERTSON : « Nous pensons y retourner en septembre et viser 141 km/h. Passer l’étape supérieure nécessitera de nouvelles réflexions sur le contrôle actif de la surface du vélo pour réduire la résistance à l’air. Ou bien on envisagera des rails, car la résistance au roulement de l’acier sur l’acier est inférieure à la gomme sur le bitume. Les réponses ouvriront de nouvelles perspectives de records. » 

 

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07 2016 The Red Bulletin

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