1er avril

Sans blague !?

Photo d’ouverture : Getty Images

Le saviez-vous ? Cette fête où toutes les farces sont permises (tant que la personne trompée peut prendre le parti d’en rire) tire ses origines de la Renaissance. 

Selon que vous habitez en Europe ou en Amérique, en France ou en Espagne, le 1er avril n’évoquera pas les mêmes images dans votre univers mental. Voici un bref historique de cette journée un peu particulière.

Depuis quand célèbre-t-on le 1er avril ?

Jusqu’au XVIe siècle, on utilisait en Europe le calendrier julien, un calendrier solaire instauré par Jules César en 46 avant Jésus-Christ pour organiser les récoltes, et régir la vie sociale et religieuse des peuples. Le calendrier julien fixait le début d’année consulaire au 1er mars, date à laquelle les Consuls de Rome étaient élus.

Au VIe siècle, l’Église décide de faire commencer l’année au 1er janvier, mois qui suit immédiatement la naissance du Christ fixée au 25 décembre 753 du calendrier romulée, soit l’année de la fondation de Rome. Mais le 1er janvier n’est pas le début d’année pour tout le monde. 

Pendant le Moyen-Âge, le début d’année était communément célébré le 25 mars, et la fête durait une semaine environ, jusqu’au 1er avril. La date du 25 mars a deux significations. La première est profane : elle correspondait à l’équinoxe de printemps, le 21 mars, mais à l’époque les erreurs de calcul étant fréquentes. La deuxième explication est religieuse : elle serait la date à laquelle l’Ange Gabriel aurait annoncé à Marie sa grossesse divine (culte marial).

En 1564, le roi Charles IX décide d’uniformiser le royaume de France et définit le 1er janvier dans l’édit de Roussillon (aussi édit de Paris) comme étant le début d’année officiel. Il s’est en effet rendu compte que les débuts d’année civile différaient selon les diocèses, générant de nombreuses confusions.

En 1582, le pape Grégoire XIII impose son calendrier solaire comme référence dans les États catholiques, puis protestants : le calendrier grégorien supplante donc le calendrier julien. Au XXe siècle, son usage s’impose peu à peu dans la majeure partie des pays du monde. 

Les coutumes liées au 1er avril

Historiquement, les étrennes, présents offerts au moment de célébrer le début de la nouvelle année, étaient des cadeaux comestibles.

Au fil de l’histoire, les traditions se confondent. On offrait des « cadeaux » à ceux qui persistaient à célébrer la nouvelle année en mars, qui refusaient de voir la réalité en face, pour se moquer d’eux. On leur faisait des farces… 

La fête des Fous, ou fête des Innocents, célébrée en France jusqu’au XVIIe siècle, les 26, 27 et 28 décembre, était le théâtre des pires obscénités.

1er avril

© Pixabay

Pourquoi les écoliers français se collent-ils des poissons en papier dans le dos ?

Là aussi, il faut chercher l’explication dans nos traditions religieuses : chez les chrétiens, le mois d’avril marque la fin du Carême, période de jeûne pendant laquelle il est interdit de manger de la viande. Symboliquement parlant, le poisson n’est pas neutre. L’ichtus, du grec ancien qui signifie « poisson », est un symbole graphique représentant un poisson stylisé avec 2 arcs de cercle. Et dans les paraboles chrétiennes, le poisson est un symbole fort (la multiplication des poissons et des pains, le pêche miraculeuse).

D’autres explications profanes peuvent s’ajouter à celles-ci. En astrologie, les Poissons sont le dernier des douze signes du zodiac, et aussi le dernier à être en hiver. Et enfin, mars-avril étant la période de reproduction des poissons, la pêche fut longtemps interdite à cette époque de l’année. On offrait de faux poissons à la place… 

Et ailleurs ?

Faire des canulars un jour par an est une coutume qui se retrouve dans la majorité des pays d’Europe.

Les Anglosaxons ont leur April Fool’s Day. Attention, en Grande-Bretagne, vous n’avez le droit de piéger vos proies que le matin. Passé midi, les farces ne sont plus permises.

En Allemagne et en Autriche, on fête des Aprilscherz : “April, April, macht was er will“ (Le mois d’avril fait ce qu’il lui chante).

En Russie, il s’appelle den dourakov, le « jour des fous ». Et en Roumanie, c’est la « grande tromperie » : păcăleală de 1 aprilie.

Au Portugal, c’est dia das mentiras, le « jour des mensonges ».

En Espagne et en Amérique latine, le día de los santos inocentes ou día de los inocentes tombe le 28 décembre, appelé « jour des innocents », commémorant le Massacre des enfants perpétré par le roi Hérode. Il avait ordonné de tuer tous les enfants de moins de deux ans afin de supprimer l’enfant Jésus. Croisée avec des rites profanes, cette date est devenue le jour des plaisanteries et des canulars, à la manière du 1er avril. On accroche un personnage de papier dans le dos des personnes dont on veut se moquer.

En Inde, les couleurs sont à l’honneur lors du Holi, célébré en mars ou avril, en fonction du calendrier hindou. À l’image de la fête des fous, les castes sont abolies le temps de la célébration.

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04 2015 redbulletin.com

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