Nas

NAS, la Genèse

NAS se remémore le contexte musical qui a entouré la fabrication d’Illmatic en 1994. l’album est réédité cette année avec un disque bonus.

Nasir Jones grandit dans le ghetto de Queensbridge, un quartier malfamé de New York. Son père, le trompettiste de jazz Olu Dara, déserte le foyer familial. Le gamin, lui, cesse d’aller à l’école. Puis Nasir Jones devient Nas, clouant ainsi le bec aux mauvaises langues qui le voyaient devenir dealer.

En 1994, il dégaine un premier album dans lequel un narrateur externe relate, avec poésie mais sans complaisance, le quotidien de son quartier livré à la criminalité. IllmaticXX sort à l’occasion des vingt ans de la sortie d’Illmatic, considéré à l’unanimité comme l’un des albums les plus influents de l’histoire du hip-hop. Nas évoque ici les morceaux qu’il écoutait au moment de la composition de cet opus devenu culte.

Public Enemy - Rebel without a Pause

« Je vois Public Enemy sur scène pour la première fois à Harlem en 1988. Leur énergie est démente. Quand Chuck D crie : Soul, rock’n’roll, comin’ like a rhino, on se dit qu’un rhinocéros va vraiment débouler. Le sample de la voix du révérend Jesse Jackson, la subtilité du rap de Chuck, les sonorités hip-hop confèrent à ce morceau une puissance inégalée. »

Boogie Down Productions - My Philosophy

« Adolescent, je me demandais si les rappeurs pouvaient être des philosophes. Dans ce morceau, KRS-One de Boogie Down Productions répond à cette question. Il y démontre l’utilité du rappeur, les devoirs d’un MC et comment élever le niveau d’un texte. À mes débuts, KRS-One était un maître à penser. Le Malcom X de ma génération. »  

A Tribe Called Quest -  I Left My Wallet In El Segundo

 « Un texte génial. Q-Tip part de New York en voiture et rallie la côte ouest. De retour chez lui, il réalise qu’il a oublié son porte-monnaie à El Segundo. Aujourd’hui encore, ce morceau me fait marrer. À l’époque en 1990, Q-Tip était déjà le gars le plus cool de la planète. Sa contribution à Illmatic fut un véritable privilège. »

Michael Jackson - Human Nature

« La façon dont Michael Jackson décrit sa rencontre avec une fille dans New York est magique. Je me demande encore quel synthétiseur il a utilisé pour ce morceau. J’aime tellement cette chanson que je l’ai samplée pour mon single It Ain’t Hard To Tell. Jackson m’en avait donné l’autorisation en personne au téléphone. »  

Stevie Wonder - Master Blaster

« Mes parents étaient fans, la musique de Stevie Wonder passait en boucle chez nous. Tout petit déjà, je me disais : “Ce type est un génie.” La facilité de Wonder à s’aventurer dans le reggae est déconcertante. Ce morceau est un hommage au Jammin de Bob Marley, et il a joué un rôle déterminant dans ma collaboration avec Damian, le fils de Bob Marley. »

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06/2014 The Red Bulletin

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