Sail to victory in a hollowed-out tree trunk

Prenez la mer sur… un arbre  ! 

Texte : Eddy lawrence
Photos : The Adventurists

Dans l’archipel de Zanzibar, les athlètes engagés pendant 9 jours dans la Ngalawa Cup embarquent sur des bateaux de fortune creusés dans des tronc de manguier et assemblés avec des cordes… 

Dans l’archipel de Zanzibar, surnommé « l’île aux épices », le ngalawa, bateau de pêche traditionnel ancestral, est un objet familier. Mais le barrer ne s’improvise pas, même pour les athlètes engagés dans la Ngalawa Cup. Cette embarcation de fortune creusée dans un tronc de manguier et assemblée avec des cordes est le bateau de course et le canot de sauvetage d’une régate de 9 jours sur une distance de 500 miles sur le périlleux océan Indien.

« On peut virer de bord mais pas empanner. Si vous poussez trop, les balanciers s’enfoncent dans l’eau et vous passez par-dessus bord. Prenez un cap hasardeux et c’est le vent qui vous renversera. » Voilà comment le patron de la Ngalawa Cup résume les conditions de navigation de la régate éponyme.

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« Si vous poussez trop, les balanciers s’enfoncent dans l’eau et vous passez par-dessus bord. »
Dylan Delahunt

En 2015, Dylan Delahunt crée une course folle dans l’archipel de Zanzibar et ses trois îles Pemba, Unguja et Mafia. Les embarcations sont des bateaux de pêcheurs d’environ cinq mètres, creusés dans un manguier et pourvus d’une voile et de deux balanciers. Légères et maniables, elles s’adaptent parfaitement à la traque du poisson le long des côtes, mais s’avèrent totalement inadaptées à la course de vitesse en haute mer. Une sobriété technique qui nivelle la compétition. 

L’expérience de la voile n’est ici d’aucun secours. Pour déjouer les vagues, les matelots doivent jouer des balanciers. Leur immersion basse oblige à écoper en permanence. L’absence de poulie et de gréement fait de chaque manœuvre un défi physique, y compris en eau calme. Le challenge est ardu, et ouvert à tous. 

Home help: local knowledge can keep you out of trouble

Aide à domicile : le savoir autochtone peut vous sauver la vie.

« Il suffit de savoir nager », précise Delahunt. Une formation est prévue pour les participants et en cas d’échec, ils doivent engager un skipper. Le premier jour, ils apprennent à décrypter l’état de la mer, éviter les écueils, naviguer à vue ou avec GPS et réparer la casse. Une fois, un équipage a brisé son mât deux fois en 24 heures, à cause de la mauvaise qualité du bois utilisé lors de la première réparation. « Un autre ­équipage a passé six heures dans l’eau, nous ne les avons récupérés qu’à la nuit tombée. Une expérience éprouvante à en juger par leur réaction au moment de nous voir, ils se sont mis à chanter de joie. L’optimisme est de rigueur. » La Ngalawa Cup ne se résume pas à un exercice de navigation extrême improvisé. Il faut planifier sa route, et ses haltes. Certains s’arrêtent pour plonger ou ­pêcher. L’unique obligation, c’est d’être de retour avant la tombée de la nuit. 

« L’optimisme est de rigueur. »
Dylan Delahunt
Not plain sailing: swells can reach 6m in winds of 30 knots

Touristes s’abstenir : vagues de 6 mètres et vent de 30 nœuds.

PAROLE DE PRO
« Faites confiance aux locaux. Ils baignent dans l’eau depuis leur naissance. Ils savent chaque île, chaque écueil et la meilleure façon de naviguer d’un point à l’autre. Une connaissance qui tend à disparaître dans nos sociétés modernes. »
Delahunt

Dès que le soleil se couche, les apprentis marins doivent accoster sur l’île la plus proche. Certaines sont inhabitées, d’autres pourvues d’hôtels de luxe. La plage est toujours une option. La difficulté de la course favorise la solidarité. Les équipages s’entraident pour réparer la casse, ou partagent un verre ou plus autour d’un feu. Certains équipages convient de curieux moussaillons à leurs rassemblements. Comme Usain Boat. Ils ont transformé leur ­volatile auxilliaire en plat de résistance… car il est très facile d’acquérir un gallinacé directement dans les cuisines des restaurants de Zanzibar !

Les AVENTUREs de POSéIDON
Trois défis sur l’océan
  
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02 2017 The Red Bulletin

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