Seb Loeb Dakar 2017 - blog #3

4 janvier  

Photo d’ouverture : Flavien Duhamel

Une fausse route, un changement de roue, une altitude folle… rien n’arrête Seb Loeb qui se maintient en tête du Dakar. Il nous raconte son étape d’hier, « véritable coup d’envoi de la course ». 


Mercredi 4 janvier 2017,
San Salvador de Jujuy (Argentine) 

Autant les deux premières spéciales du rallye ne présentaient pas un grand intérêt, autant cette troisième étape a donné le véritable coup d’envoi de ce Dakar. Nous avons connu plusieurs aventures dans cette spéciale et, au final, nous sommes toujours là, en tête du rallye ! Ça aurait pu être bien pire.

C’était un gros morceau avec les premières portions de hors piste et les premières difficultés de navigation pour les copilotes. Comme par hasard, c’est nous qui ouvrions la route… Pas de chance ! Daniel s’en est bien tiré même si on a un peu jardiné au début de la spéciale.

Sebastien Loeb par Flavien Duhamel

« C’était un gros morceau avec les premières portions de hors piste et les premières difficultés de navigation pour les copilotes. » Sébastien Loeb

© Flavien Duhamel

À un moment, il était indiqué dans le roadbook de suivre à gauche les traces au sol, sauf que cette indication ne tenait pas compte du passage des motos parties avant nous. Du coup, à un moment, nous avons bifurqué en suivant les traces laissées par les motards et non celles qui étaient mentionnées dans le roadbook. On a perdu un peu de temps à ce moment-là. 

Nous en avons perdu encore davantage au début de la deuxième section de la spéciale. J’ai crevé dans une droite, le long d’une montagne. À l’intérieur. Je n’ai pas vu une pierre que j’ai percutée. On s’est arrêté pour changer la roue. Ça se fait bien mais ce n’est pas idéal, vu que la roue pèse une quarantaine de kilos ! C’est un exercice plutôt physique dans lequel on laisse pas mal d’énergie. Des fois, selon le type de terrain et le nombre de kilomètres restant à couvrir, il est possible de compenser la crevaison grâce au système de télégonflage qui permet de changer la pression des pneus depuis l’habitacle. C’est l’un des avantages accordés par le règlement aux voitures n’ayant que deux roues motrices, comme notre Peugeot 3008 DKR. Seulement, là, c’était trop tôt dans la spéciale pour l’envisager. 

3e etape - Marcelo Maragni

© Marcelo Maragni

Nasser Al-Attiyah était très rapide aujourd’hui. J’ai essayé de m’accrocher derrière lui sur les pistes sinueuses avec beaucoup de gravettes et on a bien vu qu’avec la deux roues motrices, ce n’était pas facile. La Toyota marchait vraiment très fort dans ces conditions. Cela dit, on ne perdait pas tant que ça… Je trouve même que l’on restait plutôt bien au contact. C’est plutôt bon signe. Nous étions revenus sur Nasser mais nous avons perdu le contact avec lui lorsque nous avons crevé. Nous ne l’avons plus revu par la suite. Apparemment, il a tapé assez fort.

« … la situation prend plutôt une bonne tournure pour nous mais je préfère aborder le rallye jour après jour. »

Avec les déconvenues de Nasser et celles Giniel De Villiers, son équipier, la situation prend plutôt une bonne tournure pour nous mais je préfère aborder le rallye jour après jour. On ne peut rien prévoir tant il peut se passer de choses. Et puis, je n’oublie pas qu’il y a encore trois autres pilotes qui disposent de la même voiture que moi ! Et ils sont sacrément rapides. Carlos (Sainz) a encore montré aujourd’hui qu’il pouvait attaquer très fort. Je conserve la tête du rallye mais pour moins d’une minute. Sur un Dakar, ce n’est rien…

Aujourd’hui, nous sommes passé – en liaison - par le point le plus haut du rallye à une altitude de 4 960 mètres. En fait, je ne m’en suis même pas rendu compte. Enfin si, je m’en suis aperçu parce que la voiture n’avançait plus.  C’est ça qui m’a servi de signal. J’ai regardé la pression atmosphérique et nous étions tombé à moins de la moitié. Dans ces conditions, le moteur avait du mal. Mais nous, ça allait. Pas de problème de souffle. Daniel, s’est même grillé une petite clope !

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01 2017 The Red Bulletin

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