Bivouac La Paz

8 janvier

Photo d’ouverture : Flavien Duhamel

Journée de repos pour les pilotes du Dakar. Sur le bivouac, on s’active : les mécaniciens révisent les voitures, les copilotes potassent les roadbooks. À cette occasion, Seb Loeb cède la parole à Daniel Elena.

Dimanche 8 janvier 2017,
La Paz (Bolivie)

Aujourd’hui, comme c’est la journée de repos, j’ai décidé de passer le relais à Danos ! Il va vous expliquer comment il a vécu cette première semaine à mes côtés. À demain. Moi, je vais manger un bon gros steak !

Salut à tous, c’est Daniel Elena

Ravi de vous retrouver. Je trouve le bilan de cette première semaine très positif. Enfin presque : il est un peu moins bon que celui de l’année dernière puisque nous ne sommes que deuxièmes ! Non, sérieusement, ça s’est super bien passé.

Daniel Elena

Daniel Elena, bras droit de Sébastein Loeb dans l’habitacle. 

© Flavien Duhamel


Les étapes de nav, on s’en est super bien tiré par rapport aux autres. Pour moi, la course a été lancée dès la deuxième étape. Ensuite, on est vraiment rentrés dans des vraies étapes de nav, le type de spéciales que nous n’avions rencontrées qu’en deuxième semaine l’an dernier. Là, on sait où on en est. On a vu que l’on pouvait jouer. Maintenant il faut rester lucide et essayer de faire pareil sur la deuxième semaine.

Depuis l’année dernière, nous avons beaucoup progressé. Les annonces de notes sont désormais réglées au millimètre, comme à l’époque du WRC. L’année dernière, on se cherchait encore. Là, on a vraiment trouvé notre code et il est bien ancré. En nav, on a appris que, parfois, il vaut mieux perdre un peu de temps pour se récupérer plus rapidement alors qu’on aurait fait les bourrins l’année dernière en pareilles circonstances.  

Bivouac La Paz - team Peugeot

Les mécanos du Team Peugeot ne soufflent pas.

© Flavien Duhamel

Il nous reste encore à nous perdre un peu moins. Parfois, le roadbook est très compliqué. Sur la dernière étape, il balançait des caps moyens alors qu’en fait c’était des caps réels. C’est très complexe et il faut faire super gaffe. Il faut rester les quatre yeux ouverts dans la caisse. Le truc, en cas d’écart, c’est de se rattraper le plus vite possible, ce qu’on a réussi à faire jusque-là. C’est d’autant moins évident que les organisateurs ont limité l’accès à notre trace sur le GPS uniquement au dernier kilomètre. Autant dire que la trace ne sert plus à rien.

Tous ces changements remettent un peu les pendules à zéro par rapport aux copilotes expérimentés qui avaient une certaine manière de travailler qu’ils doivent changer maintenant. Ils avaient leurs petites habitudes qu’ils doivent chambouler. Moi, je n’avais pas d’habitude dans cette discipline ! Et puis, j’ai toujours eu une certaine faculté d’improvisation. Coco Chiaroni (célèbre copilote de rallye français, ndlr) avait l’habitude de m’appeler le Ragnotti (illustre pilote français, dit « L’Acrobate », ndlr) des copilotes. Ça joue. Et puis, il y a aussi l’entente que l’on a dans la caisse avec Seb qui entre en jeu.

Bivouac La Paz

© Flavien Duhamel

Il n’y a pas de profil type pour ce job. Autant je suis jovial et déconneur, autant quand je bosse, je le fais sérieusement. Quand tu vois le temps que je passe sur ces p… de roadbooks. Cette semaine, une nuit, j’ai dormis trois heures et demi, une autre cinq. Nous récupérons les roadbooks à notre arrivée sur le bivouac et très rapidement, je commence à bosser dessus.

Bivouac La Paz

Vue d’ensemble du bivouac à La Paz.

© Flavien Duhamel


J’ai adopté un code de couleurs que j’applique à chaque type d’information, dans chacune des cases. Ça m’aide. Je sais précisément à quel moment ça va être critique dans la spéciale.

Pour ce qui est de la spéciale qui va se dérouler ce lundi, les organisateurs ont dû composer avec les conditions climatiques qui ont rendu impraticables certaines pistes. Ils ont donc composé une spéciale en utilisant une partie de celle que nous n’avons pas faite samedi et une partie de celle initialement prévue lundi. Au final, au lieu de faire 322 km de spéciale, nous n’en aurons que 161. Pour moi, ça fait deux moins de travail de préparation. Avec un peu de chance, je vais peut-être pouvoir m’offrir un petit apéro !

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01 2017 The Red Bulletin

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