Le blog de Seb Loeb #9

10 janvier

Photo d’ouverture : Flavien Duhamel

Deuxième journée marathon avant la spéciale Super Belen… annulée à cause des intempéries. Allant de surprise en surprise, Loeb ne perd pas le cap et honore ses objectifs. Avec une voiture 3008DKR à la hauteur de ses attentes !

Mardi 10 janvier,
Huacalera (Argentine)

Quel bazar ! Avec les intempéries, le rallye ne cesse d’être remanié. Là, suite à l’éboulement d’une route, nous sommes tous bloqués dans la montagne argentine, dans un coin vraiment reculé, et nous venons d’apprendre que la spéciale de demain, la fameuse Super Belen, est annulée. Voilà une façon bizarre de clore cette étape marathon !

Le blog de Seb Loeb #9

Un extrait du roadook de Daniel Elena.

© Alain Pernot


Comme je l’expliquais hier, à Uyuni, nous n’avions pas d’assistance. Il nous a fallu faire un peu de mécanique car nous avions une fuite à la direction assistée. Vraiment pas un détail : c’est impossible de conduire la 3008DKR sans DA, même sur du bitume ! J’ai aidé Daniel au début puis je suis allé dîner. Je l’ai aidé à nouveau jusqu’à 23 heures et puis je suis allé me coucher. Le pauvre Danos a bossé jusqu’à 4 heures du mat ! Et il a quand même trouvé le temps de préparer le road-book en attendant le camion de course disposant des pièces nécessaires. C’est d’ailleurs dans ce camion qu’il a dormi entre 4 et 7 heures. Pas étonnant qu’il se soit endormi lors de la liaison de ce soir !

Nous étions néanmoins d’attaque ce matin pour la première spéciale. Ça s’est bien passé. La voiture fonctionnait parfaitement. Les conditions n’étaient pas évidentes car il y avait des flaques de six cents mètres. Stéphane Peterhansel était un peu plus rapide que nous dans les hors pistes, au début. Ensuite, nous avons pris le dessus sur les pistes. Nous avons ainsi signé le meilleur chrono sur la première spéciale, celle qui détermine l’ordre de départ de Super Belen. À ce moment-là, nous ne savions pas encore que la spéciale serait annulée. Mon plan était de l’emporter et que Stéphane termine 2e. J’aurais alors pu ouvrir et s’il m’avait rattrapé, je l’aurais suivi dans la spéciale en ne perdant que trois minutes. Les trois minutes que je lui mets aujourd’hui. 

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En attendant la confirmation de l’annulation de la spéciale Super Belen.

© Alain Pernot

Cet après-midi, ça s’est bien passé aussi. Nous avons bien roulé. En pilotage c’était très bien mais on a crevé dans un passage de gué : une compression dans de l’eau et, au fond, il devait y avoir une pierre. Crevaison directe. Il nous a fallu changer. On a perdu trois minutes parce qu’on a galéré un peu plus que la dernière fois qu’on avait changé. Au final, ça fait quand même le meilleur temps. On prend la tête du rallye. 

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Finalement, une assistance a été autorisée mardi midi alors que le nouveau parcours de course croisait le parcours d’assistance.

© Alain Pernot

Suite à l’annulation de Super Belen, demain, du coup, je vais ouvrir celle d’après-demain. Pas de bol : un copilote expérimenté est venu me voir pour me dire que s’il y en avait une qu’il ne fallait pas ouvrir, c’était celle d’après-demain !

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Ce n’est pas parce qu’on s’appelle Sébastien Loeb qu’on est dispensé de contrôle à l’entrée du parc d’assistance  ! 

© Alain Pernot


À ce moment-là, on ne savait pas que Super Belen serait annulée. Moi, j’aurais bien vu une Super Belen raccourcie qui m’aurait évité d’ouvrir après-demain. Cela dit, après-demain, nous ouvrirons pour les autos mais il devrait y avoir des traces de motos. Mais, il faut parfois se méfier des traces de motos. Elles peuvent être trompeuses. Désormais, on se fait confiance et on ne se laisse pas influencer. Dès qu’on voit que les traces motos dévient, on arrête, on coupe à travers brousse et on tire notre cap à nous. Et puis, on a déjà réussi à se battre pour le scratch hier alors que l’on était premiers sur la route.

Quoiqu’il en soit, on est toujours dans le match, et c’est cool. Il faut que je vous laisse car nous devons reprendre la route. Ils ont trouvé une liaison alternative et il me faut rejoindre Salta. Quelques heures de route m’attendent donc. On n’est pas près de se coucher !

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01 2017 The Red Bulletin

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