Daniel Narcisse Hand CM

Daniel Narcisse : « Les coups vont parfois au-delà des limites »

Texte : PH Camy
Photo : Bastien Bonnarme

Du 11 au 29 janvier, huit parquets en France se transforment en zones de conflit pour les Championnats du monde masculins de l’un des sports les plus populaires en Europe. Focus sur le demi-centre et arrière gauche de l’Équipe de France de handball. 

THE RED BULLETIN : Daniel, le handball est-il un sport de combat à vos yeux ?
DANIEL NARCISSE : Ouais ! Parce qu’il faut être capable d’encaisser les coups. Et parce que le handball a beaucoup évolué ces dernières années : il y a des joueurs beaucoup plus grands, plus costauds, plus forts, qui courent plus vite, qui font plus mal. Il y a un aspect de combat, dans les un contre un, le défenseur doit faire en sorte de faire reculer l’attaquant, et l’attaquant doit résister à l’impact, pour essayer de marquer un but.

Qui dit impact dit coups, marques, cicatrices… j’en vois quelques-unes sur vos jambes… il y en a pas mal en fait… Lesquelles sont les plus remarquables ?
Remarquable ? Rien du tout, parce que ça fait mal (rires) ! Il y a tellement d’engagement et d’intensité physique sur le terrain que les coups vont parfois au-delà des limites. Malheureusement, nous, les attaquants, prenons beaucoup de coups, comme les cravates.

Daniel Narcisse

Surnom : Toumout, Dan
Âge : 37 ans
Taille : 1,89 m
Poids : 93 kg
Numéro : 8
Poste : Demi-centre / Arrière gauche
Sélections en équipe de France A : 298

Buts en équipe de France A : 912
1re sélection en A : 9 janvier 2000 contre l’Islande 


Les cravates ?
C’est quand tu passes sur le côté d’un défenseur et qu’il laisse traîner son bras sur ton coup, comme le coup de la corde à linge au catch. Claaaaacccc ! Tu te fais « décrocher la tête ». Quand on est défenseur, il faut montrer qu’on est là, physiquement, qu’on est là dans le combat, pour le faire reculer, tomber sur le cul, lui montrer que ça va être difficile.

Ces années de handball à haut niveau, ça vous a abîmé jusqu’à quel point ?
J’ai subi pas mal de béquilles, on ne les compte plus, ces coups de genoux que tu prends dans les jambes. Des coups de coude dans les côtes aussi. Je me suis fait mal deux fois aux genoux, à gauche et à droite, sur des actions où je suis poussé en l’air. Quand tu retombes, tu retombes mal, tout le poids de ton corps, et celui de ton défenseur, retombe sur ton genou, et il cède. Là, c’est la sortie de terrain immédiate, puis 8 mois de rééducation. C’est long, et les deux fois ça m’est arrivé en milieu de saison, donc ça t’écarte du début de la saison suivante. Tu peux voir les cicatrices là…

Souvent agressés, vos genoux, vos jambes, sont vos atouts, et votre détente est réputée…
Dans le hand, on a besoin de beaucoup de dynamisme, de changements de direction, de rapidité, de détente aussi. Je ne suis pas très grand pour mon poste par rapport à des gens qui font 1,95 m ou 97. Moi je fais 1,89 m, donc il faut compenser cela par la vitesse, l’intelligence du jeu évidemment, et la détente, donc ça m’a permis de me sortir de pas mal de situation difficile.

Daniel Narcisse Hand CM

© Bastien Bonnarme

« L’adrénaline et la pression des matches font que tu es dans un esprit de combattant, tu ne ressens pas trop la douleur. »

La détente se travaille comment ?
La musculation, en général, est le meilleur moyen de faire progresser sa détente, et de ne pas en perdre. Avec autant de matches disputés dans l’année, on n’a pas beaucoup de temps pour cette musculation. Alors on essaie d’en faire une grosse partie pendant la préparation physique, au mois d’août en général, une période où l’on a le temps de travailler, de faire beaucoup de musculation.

Est-ce qu’on essaie de se préserver sur le terrain ?
On ne peut pas, sinon tu joues mal, et tu peux te faire mal derrière. Il vaut mieux jouer à fond, car tu es préparé à affronter l’adversaire et à te protéger des coups, des sollicitations physiques. De toute façon, dans une saison de handball il y aura toujours des blessés, car il y a énormément de matches, difficiles, intenses, très engagés. C’est difficile de se prémunir des blessures.

La douleur, on l’oublie pendant le jeu ?
L’adrénaline et la pression des matches font que tu es dans un esprit de combattant, tu ne ressens pas trop la douleur. Sur des gros accidents, tu la ressens, mais en général, tu te prépares avant le match : ça va être dur, tu vas prendre des coups. Par contre, après le match, t’as mal (rires) !

Cliquer pour lire la suite
01 2017 The Red Bulletin

Article suivant