L’extrême en VIP

Texte : Arek Piatek

Kayak au Canada, Escalade en Inde, parapente en Afrique… Les pros 
de l’extrême vous invitent en voyage 
VIP sur des terrains pratiqués jusqu’alors par eux seuls.

L’accès aux chutes d’eau de Toketee, en Oregon, est impraticable. Mais les efforts et la volonté sont récompensés. Les cascades hautes de 36 mètres en deux sauts offrent une vue sublime. Fred Norquist n’a pas résisté à la tentation. « Pour atteindre le point culminant, j’ai dû descendre en rappel avec mon kayak. Avant de me lancer en chute libre dans les eaux qui grondent. Un pur bonheur ! »  

KAYAK freestyle - Rivière des Outaouais - Canada

À l’ouest d’Ottawa, les rapides Deschênes sont fascinants et dangereux. Au milieu des ruines d’un barrage vieux du XIXe siècle, ces rapides où abondent tourbillons et vagues, sont une destination privilégiée des kayakistes. Notamment au printemps, quand la rivière est en crue.

Parole de pro

© John Rathwell/Red Bull Content Pool

Dane Jackson (USA) - Champion du monde en titre

« Il y a 10 ans, on envisageait de reconstruire le barrage. Par chance, ça ne s’est pas fait. Les ruines génèrent de grosses vagues, les plus grandes que je connaisse. Cela permet, en saut, un temps de vol plus long, et facilite aussi l’exécution de -figures. La rivière est très rapide, puissante et constante. Ici, on n’attend jamais la vague, elle ne vous laisse même pas le temps de souffler. » 

« Il faut toujours être en alerte, les vagues de cette cascade sont les plus élevées au monde »
Dane Jackson

© Johannes Mair/Red Bull Content Pool

ESCALADE - Badami - Inde

Un grès magnifique à escalader avec une large palette de voies encore inexplorées. Au sud-ouest de l’Inde, Badami et Hampi, petites villes très peu fréquentées, sont deux sites recherchés par les grimpeurs, notamment pour la pratique du bloc (enchaînement de difficultés sur des hauteurs limitées). La qualité des infrastructures et l’hygiène laissant à désirer, le tourisme n’y est pas conseillé.

Parole de pro

 Kilian Fischhuber (Autriche) - Multi-champion du monde, escalade de bloc

« C’est un paradis tout en grès, rempli de voies exigeantes et jamais empruntées. La qualité de la roche est idéale : un grès compact avec uniquement des prises confortables, sans extrémité tranchante ni brisure. Gare au risque de cloques aux mains quand le soleil rend la roche brûlante. Méfiez-vous aussi des singes qui raflent tout : nourriture, pitons, sac à dos… Mon meilleur conseil : gardez toujours un œil sur vos affaires ! »

 

« Avec le soleil, le grès rouge devient brûlant. Un inconvénient largement compensé par les sensations de la grimpe »
Kilian Fischhuber

© Ben Thouard/red bull content pool

SURF - Tahiti - Polynésie française

Le surf est apparu sur l’île de Tahiti dans les années 60. La période idéale pour la glisse va de mai à septembre. Le vent y génère des vagues constantes qui viennent se briser sur la côte. 

Parole de pro

© Alex laurel/red bull content pool

Michel Bourez (France) - Engagé sur le circuit pro (WCT)  

« Privilégiez des vagues pas trop grosses, de moins d’un mètre idéalement. Ensuite, regardez bien les courants, car tout change en fonction des marées. Le vent n’est pas encore un problème. Il est recommandé de surfer avec plusieurs amis, car si vous êtes emporté par le courant, l’aide de quelqu’un peut être utile. Le plus important est de garder son sang-froid, et de profiter de la nature ! En tant que débutant, il ne faut pas faire n’importe quoi, regardez toujours les locaux et demandez-leur conseil. »

« Pour une première à Teahupoo, je vous conseille d’attendre d’avoir des conditions très clémentes » 
Michel Bourez

© michael clark/red bull content pool

SAUT EN PARACHUTE - Eloy - États-Unis 

Skydive Arizona est, aux USA, le plus grand espace dédié au parachutisme, au beau milieu du désert d’Arizona. La petite ville d’Eloy, en son centre, est le lieu de pèlerinage des clubs de parachutistes venus du monde entier jouir de conditions idéales : un climat tempéré à l’année, une pluie et des vents faibles, un ciel dégagé et une vue à couper le souffle.

Parole de pro

© michael clark,/red bull content pool

Jon Devore (USA) - 17 000 sauts, meneur de la Red Bull Air Force

« Un paradis pour parachutistes. Une zone immense, totalement isolée au milieu du désert – donc pas de soucis avec les riverains – un ciel dégagé à perte de vue. En saut, on peut apercevoir le Mexique au-dessus du désert et des montagnes. Le saut au coucher du soleil est une expérience inoubliable quand, dans le désert de sable, la lumière orange enveloppe roche et cactus pendant que, tête la première, vous foncez vers la Terre à plus de 300 km à l’heure. Magnifique ! » 
 

« Admirer le coucher du soleil en fonçant à 300 km/h vers la Terre »
Jon Devore

© Thomas de Dorlodot/Red Bull Content Pool

PARAPENTE - Chutes Victoria - entre la Zambie et le Zimbabwe

Sur le fleuve Zambèze, les chutes Victoria, plus grand rideau d’eau au monde, se jettent dans une cataracte de 1 700 m de large et près de 110 de hauteur. Les embruns vaporisés par cette gigantesque chute d’eau sont visibles à plus de 30 km. D’où le surnom « Mosi-oa-Tunya » (fumée qui gronde). Pour voir les chutes du ciel, vous pouvez louer un hélicoptère et son pilote, unique moyen aérien autorisé.

Parole de pro

© Vitek Ludvik/Red Bull Content Pool

Thomas de Dorlodot (Belgique) - Pilotes de voltige en parapente

« À 5 heures du matin, sous la pleine lune, nous survolons la canopée en paramoteur. On tente le coup avant l’arrivée des touristes. Avant que cela soit très dangereux entre le ballet aérien des hélicos, les militaires (qui n’aiment pas la présence de parapentes) et l’impossibilité d’atterrir en cas de problème moteur. Tout se passe bien. L’expérience est sensationnelle, entre les arcs-en-ciel incroyables dans la brume et le rugissement puissant de l’eau. Là, nous avons éprouvé ce que l’Écossais David Livingstone a dû ressentir en découvrant ces chutes en 1855. » 

 

« Une expérience sensationnelle entre les arcs-en-ciel dans la brume et le rugissement de l’eau »
Thomas de Dorlodot

© Christian Pondella/red bull content pool

ESCALADE sur glace - Région du Labrador - Canada

Makkovik, ville à l’est du Labrador, compte à peine 400 habitants, et sa température annuelle moyenne est de 0 °C. Même en plein été, les icebergs dérivent le long de la côte. Des icebergs d’une nature spéciale : l’énorme différence de température entre leur cœur et leur couche extérieure crée une telle tension que l’iceberg peut exploser et éclater en morceaux à tout moment.

Parole de pro

©

Will Gadd (Canada) - Grimpeur de cascades de glace 

« Si vous voulez pratiquer l’escalade sur glace à Makkovik, débrouillez-vous tout seul. Il sera difficile de convaincre l’un de ses habitants de vous y emmener en bateau. Ils vont vous prendre pour un fou. Les icebergs peuvent basculer, et c’est très dangereux. À chaque impact, je pensais que le morceau sur lequel je m’appuyais allait rompre et m’entraîner au fond de l’eau. Ça a fini par arriver, à l’endroit même où je venais d’escalader. Un bloc de glace a cédé et a fini dans l’eau. Par chance, j’étais déjà sur le bateau. Ce fut une expérience fantastique, mais je ne la recommencerais pas. »

« Chaque coup de piolet me traversait le corps »
Will Gadd
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07 2014 The Red Bulletin France

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