Jérémie Beyou by Olivier Blanchet

Jérémie Beyou : le lucide du Vendée Globe

Texte : PH Camy
Photo : Olivier Blanchet

Pour Jérémie Beyou, le Vendée Globe est un sport extrême, mais la victoire peut aussi passer par votre capacité à moins foncer. 

Les Objets Flottants Non Identifiés, ou OFNI, sont un danger permanent pour les skippers du Vendée Globe. Sur l’édition 2012, Jérémie Beyou, 40 ans, (sur Maître Coq cette année) abandonne suite à une casse causée par un choc avec l’un deux.

THE RED BULLETIN : Quelle est votre motivation au quotidien pour ne rien lâcher sur un Vendée Globe ? ​ 

JÉRÉMIE BEYOU : Ta motivation, c’est d’être devant les autres. Pour cela, il faut prendre sur soi, se dépasser soi-même. En voile, ça n’est jamais fini tant que la ligne d’arrivée n’est pas franchie. Si tu es derrière, tu te raccroches aux soucis potentiels de ceux qui sont devant. Et à l’inverse, si tu es devant, tu es dans la bonne spirale, et tu ne veux surtout pas la lâcher, ça motive.

Mais un coup de mou, un moment de moins bien peut tout faire vriller dans la seconde.

Tu dois être capable de sentir que physiquement tu es moins bien, et donc attaquer un peu moins. Le fait de décider que ton bateau est à 80 % est aussi une option de compétition. Tu as des mecs qui vont continuer à attaquer comme des porcs et aller se coucher ensuite. Ce n’est pas un raisonnement de compétiteur, mais de brise-fer. Tu peux être perdant si tu vas plus vite. Mais réduire, ça veut dire faire une manœuvre en plus, des efforts en plus, ça n’est pas lever le pied de la pédale d’accélérateur.

 

« Tu peux être perdant si tu vas plus vite ! »
Jérémie Beyou

Vendée Globe : le tour du monde en 78 jours

L'Everest des mers, le Vendée Globe est la seule course à la voile autour du monde, en solitaire, sans escale et sans assistance. avec pour seule arbitre impitoyable : la mer. The Red Bulletin, le magazine des hommes d'action !

Les hallucinations, en mer, c’est une légende ou une réalité ?
 
Cela m’est arrivé une fois, sur ma première Solitaire du Figaro. J’étais convaincu que j’étais dans mon jardin et que le téléphone sonnait… j’allais me diriger vers la maison pour aller répondre. Cela voulait dire enjamber la filière, marcher sur l’eau… Quand tu t’en rends compte, ça fait bien flipper.

La gestion du sommeil peut se préparer à terre ?

Penser que l’on fractionne notre sommeil à terre avant une course, c’est une bêtise. Tu partirais en dette de sommeil. Ton réservoir de sommeil doit être à 100 % plein. Les premiers jours de course, tu vas taper dedans. S’amuser à fractionner son sommeil dans son canapé, devant sa télé, c’est facile. En mer, avec le bruit, le stress, quand tu as froid, c’est plus la même chose. Tu dors par tranches de 10 à 12 minutes, 30 éventuellement.

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10 2016 The Red Bulletin

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