Le blog de Seb Loeb #10

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #10

Photo d’ouverture : DPPI / Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Dixième journée : la catastrophe. Dès les premiers km hors-piste, Seb Loeb perd confiance. Ensablement, tonneaux, la Peugeot a ramassé. Et c’est une heure de perdue au total.


LUNDI 11 JANVIER,
20 HEURES,
PARC D’ASSISTANCE DE BELÉN

« Je suis très déçu et pas très fier de moi. Aujourd’hui (lundi), j’ai perdu le Dakar. Je savais bien que cette étape allait être compliquée.

Le blog de Seb Loeb #10

« Je suis très déçu et pas très fier de moi. » 

© Sébastien Keller

 C’était la première, depuis le début de l’épreuve, où la navigation et le hors-piste sont devenus prépondérants. On n’a pas réussi à franchir le cap, est c’est frustrant… 

Depuis dimanche soir, je me posais des questions quant à la stratégie à adopter. Je ne savais pas exactement s’il fallait maintenir un rythme élevé ou alors lâcher des secondes, histoire d’assurer et de ne pas avoir à ouvrir la route mardi.

Même si je me suis retrouvé en position de leader un peu malgré moi dès le début, je me suis dit que je n’allais pas non plus tout lâcher sous prétexte que le ralle changeait de physionomie. «Allez-y, les gars, j’ai bien roulé et je me suis bien amusé durant une semaine, maintenant vous pouvez y aller !» Ce n’est pas trop mon genre, donc j’ai choisi de ne pas changer mes habitudes. On roule et on voit ce que ça donne au final.

La première partie de l’étape, au départ de Salta, s’est d’ailleurs bien passée. Daniel (Elena) devait avoir une note à m’annoncer tous les dix kilomètres. On a pu attaquer à bloc, prendre du temps à Carlos Sainz et Stéphane Peterhansel. Jusque-là, tout allait bien. Quand j’ai croisé mes potes sur le parcours de liaison pour prendre le départ du second tronçon chronométré, je leur ai dit, autant pour plaisanter qu’avec un peu d’appréhension : «Maintenant, ça va être autre chose. Attention, on va faire parler de nous !» 

Je ne croyais pas si bien dire. Dès les premiers kilomètres de hors-piste, j’ai perdu confiance. Tu as beau te fier à la lettre au road-book, tu as toujours l’impression d’être le seul à avoir pris la mauvaise décision. On part à droite dans le lit de rivière, mais c’est certainement à gauche que ça passe le mieux. Et vice et versa… Moi, ces franchissements de rios, je ne sais pas comment les aborder !

À force de cogiter, tu perds ta concentration. Très vite, notre Peugeot s’est retrouvée ensablée. On ne s’en est pas trop mal tiré, parce que l’on a dû perdre seulement six minutes pour se tirer du piège. Mais quand j’ai vu passer Stéphane (Peterhansel) à côté de nous, j’ai commencé à paniquer : «Attends, il est parti à quelle place derrière nous ? S’il est déjà là, c’est qu’il nous a repris un paquet de temps !» J’ai fait un calcul rapide et me suis persuadé que si je parvenais à le dépasser, je resterais quoi qu’il en soit leader.

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« Tant que la piste est bien dessinée, je m’en sors bien. Pour le reste, c’est plus compliqué. »

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Donc je suis reparti à fond. Sur un bout de piste, je suis parvenu à le repasser. Et j’ai continué à «envoyer». Ce n’était pas la bonne tactique. Dans le rio, tu essaies de suivre des traces laissées par ceux qui te précèdent, mais parfois elles s’éparpillent un peu. Et soudain, il y a eu une grosse marche perpendiculaire que je n’ai pas vue. 

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« J’aurais dû me méfier, être, comme les autres, plus prudent. Je ne peux que le regretter. »

© DPPI / RED BULL CONTENT POOL

 Je suis arrivé à 120 km/h pour tomber dans ce trou et rebondir sur le rebord opposé. Là, on a été envoyé en l’air puis en tonneaux, pour finir sur le toit. En y repensant, j’étais bien sûr trop vite dans ce secteur-là. J’aurais dû me méfier, être, comme les autres, plus prudent. Je ne peux que le regretter.

Dans cette zone, il y avait des spectateurs qui nous aidés à remettre l’auto sur ses roues. Elle était bien chiffonnée, l’arrière et l’avant étant pulvérisés, les jantes cassées et le pare-brise enfoncé. On a dû faire de la mécanique, changer des roues, rafistoler ce que l’on pouvait. Et quand on a redémarré, on s’est rendu compte que le cardan était cassé. Il a donc aussi fallu le remplacer…

Bref, on a perdu plus d’une heure dans l’affaire. Pour ce qui est de la victoire, c’est mort. Et les mécanos vont avoir du boulot toute la nuit pour réparer, je m’en excuse. On va repartir demain (mardi) de la huitième place dans le seul objectif d’accumuler des kilomètres et de l’expérience. Et de comprendre comment ça fonctionne en-dehors des pistes. Il y a du boulot…

À demain »

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01 2016 redbulletin.com

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