Le blog de Seb Loeb #12

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #12

Photo d’ouverture : Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Douzième volet : « 3e journée de désert, 3e journée de galères ». Et malgré les dunes de Fiambala, une remontée à la 9e place du classement général.


Mercredi 13 janvier,
20 heures,
parc d’assistance de La Rioja

« Troisième journée de désert, troisième journée de galères, en ce qui nous concerne ! Et dire que j’étais à un moment en tête du Dakar, la semaine dernière. J’ai l’impression que ça remonte au siècle dernier tellement on accumule les ennuis !

Pour faire court, les dunes de Fiambala nous ont engloutis. Certes, on en a moins ch… que les deux jours précédents, mais ça a encore été épique. Comme on est partis de derrière, on n’a pas trop eu à s’embarrasser de la navigation, car tous les virages sont marqués et tu sais exactement où aller. Mais d’un autre côté, tu subis la route par ce que tu rames dans les ornières des autres.

On a commencé par ”jardiner” au début, en tournant dans tous les sens pour trouver le premier point de passage obligatoire, là où tout le monde s’est perdu. On finit par le valider, en concédant peut-être moins de temps que certains.

Le blog de Seb Loeb #12

« Les dunes de Fiambala, ça n’est pas une partie de plaisir. Encore moins après un tonneau, deux crevaisons et un ensablement… »

© Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Puis on a crevé à l’arrière, en tapant fort à l’avant dans une saignée. Comme ça ne suffisait pas de changer la roue, on a aussi constaté que l’amortisseur était cassé. Bon, ça roulait, pas très bien, mais on a continué.

Qu’est ce qui nous est arrivé d’autre ? Ah, oui, on est repartis en tonneau ! Contrairement à lundi, c’en était qu’un tout petit. Dans une petite cuvette, la voiture a glissé puis roulé pour se mettre sur le toit. Il y avait des spectateurs pour nous remettre la tête à l’envers. En revanche, on a encore déjanté une roue.

« On a fini la spéciale de manière normale, sans pelleter pendant une demi-heure ni à avoir changé de cardan. On progresse ! »
Sébastien Loeb

De là, on est repartis. Le moteur s’est coupé. J’ai tout remis à zéro. Mais comme c’était sur du sable, on s’est enlisés. Il a fallu sortir les plaques de désensablage. Re-perte de temps ! Notre turbo a ensuite déconné. On n’avait pas de couple pour remonter les dunes. Au bout d’un moment, tu ne comptabilises même plus tout ce que tu encaisses.

La deuxième partie de spéciale, dans les dunes blanches qui font la réputation de Fiambala, a été mieux. Finir cinquième à dix-sept minutes de Stéphane Peterhansel, vu tout ce qui nous était arrivé, ce n’est pas si mal. Ici, comme la veille autour de Belén, c’est de la survie. Tout le monde galère. Le meilleur temps est signé par celui qui a connaît le moins d’emmerdes.

Alors, oui, on remonte à la neuvième place du général, mais il n’y a pas de quoi s’extasier. Par rapport aux deux jours précédents, ça c’est quand même un peu mieux passé. On a fini la spéciale de manière normale, sans pelleter pendant une demi-heure ni à avoir changé de cardan. On progresse !

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« J’ai beau chercher, je ne m’amuse pas trop pour l’instant. »

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Je suis surtout content d’être rentré à l’assistance. J’ai beau chercher, je ne m’amuse pas trop pour l’instant. Le problème, c’est qu’il n’y pas de pilotage. C’est tout droit, avec du franchissement d’obstacles en tout genre… 

« Ma fille voulait absolument venir. À l’école, tout le monde lui parle de son papa qui court le Dakar, donc elle est contente. »
Sébastien Loeb

 Carlos Sainz a connu une journée encore plus noire, puisqu’il a cassé la voiture dans un oued. Là, il est toujours dans la nature (l’Espagnol de Peugeot, leader du classement mercredi matin, a fini par abandonner, ndlr).

Moi, je suis à peine arrivé et je n’ai même pas encore eu le temps de boire une bière. Quand je dis que c’est une galère ! Demain (jeudi), il y a mes femmes qui arrivent. Ça va faire du bien, moi qui n’ai plus vu Séverine ni ma petite Valentine depuis fin décembre.

Ma fille voulait absolument venir. À l’école, tout le monde lui parle de son papa qui court le Dakar, donc elle est contente. Quand j’étais sur les circuits de WTCC, ça n’intéressait personne. Elle ne voulait jamais venir parce qu’elle s’ennuyait. Là, elle ira un peu en spéciale pour me voir rouler. J’espère que je ne ferais pas une nouvelle cabriole sous ses yeux !

À demain, à San Juan. »  

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01 2016 redbulletin.com

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