Le blog de Seb Loeb #13

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #13

Photo d’ouverture : DPPI/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Treizième volet : après trois journées de galère, Loeb a retrouvé un terrain qui lui convient mieux, en même temps que le plaisir au volant. 


Jeudi 14 janvier,
22 heures,
parc d’assistance de San Juan

« J’ai désormais hâte que le Dakar se termine, surtout que l’enjeu est limité pour nous. On ne peut plus rien faire. Huitième, neuvième ou dixième au général, cela n’a pas beaucoup d’importance.

Le principal, désormais, c’est que Peugeot gagne cette édition. Je vais me mettre au service de Stéphane Peterhansel, lui servir d’assistance en cas de soucis. C’est normal que ça se passe comme ainsi. Il est en position de gagner. Carlos Sainz n’est plus là. Cyril Despres et moi, on est là pour l’aider.

Aujourd’hui (jeudi), Cyril m’a d’ailleurs bien dépanné. Après trois journées de galère, j’ai retrouvé un terrain qui me convient mieux, en même temps que le plaisir au volant. C’était plus de la piste classique, mais il y avait aussi des franchissements de rio, de la navigation. On s’en est bien sorti.

J’ai longtemps été à la lutte avec Nasser Al-Attiyah pour remporter cette spéciale, mais j’ai encore cassé un cardan à un kilomètre de l’arrivée. Dans ce cas-là, la voiture ne bouge plus. Cyril, que l’on venait de dépasser, nous a tracté jusqu’à l’arrivée. 

Le blog de Seb Loeb #13

« Être à la remorque (de Cyril Despres, ndlr) et signer le deuxième temps, ça, c’est sûr, je ne l’ai jamais vécu !  »

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Être à la remorque et signer le deuxième temps, ça, c’est sûr, je ne l’ai jamais vécu ! Mais cela n’est qu’anecdotique. Me concernant, cette fin de rallye n’a plus grand intérêt. 

Si je veux progresser, je sais au moins où je dois travailler. Le hors-piste, je l’ai réellement découvert ici. Il faudra que je sois un peu plus sur la défensive dans les rios, qui sont plus piégeux que ce que je pensais. Il faut se prendre le temps d’analyser la situation, ne pas se précipiter, trouver l’échappatoire, et surtout ne pas s’obstiner.

Si on n’avait pas mis une demi-heure à monter cette fichue pente à Belén, à sortir les plaques de désensablement et à avancer mètre par mètre, nos soucis auraient été moindres. ​

« Si je veux progresser, je sais au moins où je dois travailler. Le hors-piste, je l’ai réellement découvert ici. »
Sébastien Loeb

 Tu perds une demi-heure, plus une autre à cause d’un problème mécanique, donc tu n’as pas une bonne position sur la route le lendemain. Tu meules dans les ornières des autres concurrents, tu enrages, tu maudis le Dakar. C’est dans ces moments-là que je me suis découragé.

Alors, oui, il  y a eu mes tonneaux. C’est une erreur de ma part, un excès de précipitation. Mais Carlos Sainz est aussi parti à la faute jeudi dans les dunes de Fiambala.

Je pense qu’il ne nous manque pas grand-chose. Dans les journées de hors-piste, quand le risque d’enlisement est élevé, il ne faut pas attaquer. Il s’agit juste de passer à travers les embûches, quitte à perdre deux ou trois minutes. J’ai compris qu’il fallait prendre son temps quand c’est compliqué. On m’avait prévenu, mais je l’ai réellement saisi au moment où on avait le nez dans le sable.

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« J’ai compris qu’il fallait prendre son temps quand c’est compliqué. On m’avait prévenu, mais je l’ai réellement saisi au moment où on avait le nez dans le sable. »

© DPPI/Red Bull Content Pool

Si tu ne fais pas de faute de navigation, si tu ne t’aventures pas dans le sable mou, si ton copilote te donne les bonnes indications, il n’y a pas de raison que cela n’aille pas.

« Je pense qu’il ne nous manque pas grand-chose. »
Sébastien Loeb

 Daniel (Elena) ne s’en est d’ailleurs pas mal sorti. Il faut juste que l’on affine un peu notre langage et que l’on développe quelques réflexes.

Voilà, mon premier Dakar se termine en pente douce. Depuis cet après-midi (jeudi), ma femme Séverine et ma fille Valentine m’ont rejoint à San Juan. J’ai passé la soirée avec elles en ville. C’est important, parce que ça fait quand même près de trois semaines que je suis parti.

Valentine, pour l’instant, ne m’a pas dit grand-chose. Si ce n’est qu’elle a trop chaud, qu’elle est fatiguée et qu’elle s’ennuie. Quand elle est partie, il neigeait à la maison ! Passer de l’hiver au plein été, ce n’est pas évident pour une enfant. Mais dans deux jours, on va tous rentrer.

À demain. »

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01 2016 redbulletin.com

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