Le blog de Seb Loeb #15

Dakar 2016 - Le blog de Seb Loeb #15

Photo d’ouverture : Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Le Dieu du Rallye est au départ de son tout premier Dakar, sur les pistes sud-américaines. Sébastien Loeb livre chaque jour son journal de bord en exclusivité à redbulletin.com. Quinzième et dernière journée : Loeb remporte la dernière étape, ce qui fait lui 4 victoires sur le rallye. Et se classe 9e du général. Stéphane Peterhansel gagne le Dakar. La satisfaction est au rendez-vous.


Samedi 16 janvier,
19 heures,
podium de Rosario  

« Ça y est, je viens de passer sur le podium de Rosario. Ça veut donc dire que je suis sorti indemne de quinze longues journées de course ! Quelque part, c’est une satisfaction. Même si je ne suis que neuvième du général, je suis content d’être allé au bout de mon premier Dakar. Lundi dernier, quand on est parti en tonneaux dans la première spéciale de hors-piste, ce n’était pas gagné !

Dans l’ensemble, le bilan est plutôt positif. J’ai remporté l’étape d’hier, donc j’en suis à quatre sur tout le rallye. Personne n’en a fait autant, donc ça ne doit pas être si mal que ça ! Comme on partait ce matin (samedi) dans l’ordre du classement général, et non de celui de l’étape de la veille, j’ai pu me lâcher un peu.

Stéphane Peterhansel partant en premier et moi en neuvième position, je ne pouvais pas vraiment lui être d’un grand secours. Donc j’ai roulé. Ça fait de bien de se dégourdir un peu, après avoir joué durant deux jours aux ”porteurs d’eau”.

De manière générale, l’essentiel est qu’on en garde une bonne expérience. Je me dis que tout ce qui nous est arrivé sera bénéfique pour la suite. Les moments de galère, j’en suis maintenant persuadé, on était un peu obligés de les vivre. Tu ne peux pas venir dans une nouvelle discipline, sans rien y connaître, et vouloir gagner face à des gars qui sont spécialistes du truc depuis des années. 

« Tu ne peux pas venir dans une nouvelle discipline, sans rien y connaître, et vouloir gagner face à des gars qui sont spécialistes depuis des années. »
Sébastien Loeb

 Mais bon, je me suis pris au jeu, comme j’étais en tête à l’issue de la première semaine. J’étais en situation de défendre ma place, je ne voulais pas baisser les bras avant même d’avoir lutté, même si c’était sur un terrain que je ne connaissais pas. Une fois ensablé, et quand Peterhansel m’a doublé, je ne voulais pas le laisser partir. Donc j’ai un peu paniqué et j’ai attaqué trop fort à un endroit inapproprié. On s’est fait piéger. Voilà typiquement le genre d’erreurs que tu ne commets pas si tu as de l’expérience. Pour espérer gagner, il faut quand même rouler vite, mais aussi être plus méfiant. À nous de trouver le  bon compromis.

En deux semaines, j’ai découvert une ambiance assez décontractée dans l’équipe Peugeot et sur le bivouac. Contrairement au circuit, tu ne te frottes pas directement à ton adversaire. Tu as beau ne pas faire exprès, si tu envoies un gars en tête-à-queue parce que tu as freiné trop tard, il t’en voudra quand même !

Le blog de Seb Loeb #15

Hormis quelques tonneaux, le fauve a tenu le coup !

© Sébastien Keller

Sur la ligne d’arrivée de la spéciale, j’ai félicité Stéphane. Il a gagné. Moi, j’ai fini neuvième. C’est donc qu’il a été meilleur que moi ! Tu ne peux pas lui en vouloir. De toutes façons, tout le monde travaille dans le même sens et se partage toutes les infos.  

« … je vais peut-être prendre ma bagnole et faire une petite boucle de 5000 kilomètres via le Danemark, la Suède, la Finlande et la Russie, histoire de me détendre ! »
Sébastien Loeb

 Avec Carlos (Sainz), Stéphane et Cyril (Despres), on n’est pas des jeunes pilotes de 18 ans qui se tirent dans les pattes pour se faire une place. Chacun a déjà une belle carrière, un certain âge, de la maturité et de l’expérience pour que l’on puisse travailler en bonne intelligence. J’apprécie.

Ce soir (samedi), on part avec toute l’équipe en direction de Buenos Aires. C’est que dimanche matin, à 11h précises, Bruno Famin nous a programmé un débriefing de fin de rallye ! On passera encore la soirée dans la capitale avant de rentrer en Europe lundi.

Qu’est-ce que je vais faire dans les prochains jours ? J’espère que je ne vais pas mécaniquement continuer à écrire ma chronique, alors qu’il ne se passe plus rien ! C’est comme pour la course. Histoire de me déshabituer en douceur, je vais peut-être prendre ma bagnole et faire une petite boucle de 5000 kilomètres via le Danemark, la Suède, la Finlande et la Russie, histoire de me détendre !

En fait, je n’ai rien prévu cette semaine, si ce n’est un salon de l’horlogerie mercredi. Ma seule occupation de la semaine sera de profiter du fait d’être chez moi, au calme, avec ma famille. Avant Noël, j’étais bien occupé à préparer le Dakar. Et le réveillon du Nouvel An, je l’ai passé à Buenos Aires. Le temps est venu pour moi de me poser.

Peut-être à l’an prochain sur les pistes du Dakar. Rien n’est encore signé avec Peugeot, mais ça devrait bientôt bouger. Sauf si le patron estime que j’ai mal fait mon boulot ! »

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01 2016 redbulletin.com

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