Le blog de Seb Loeb #2

Dakar 2016 - Le blog de Seb Loeb #2

Photo d’ouverture : Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier Dakar en exclusivité à redbulletin.com. Deuxième chapitre : une étape annulée, des km sous une pluie diluvienne et un dîner en ville.


Dimanche 3 janvier 2016,
22 heures,
parc d’assistance de Villa Carlos Paz

« Le Dakar a commencé, il paraît ? Je n’ai pas l’impression d’avoir encore trop travaillé… L’annulation de l’étape, à cause du mauvais temps, a retardé nos vrais débuts dans l’épreuve. C’est un peu dommage, mais je comprends la décision des organisateurs. C’était vraiment pourri, aujourd’hui. Le seul réconfort, c’est de se dire que l’on a passé la journée au sec. Les motards, eux, ont dû déguster !

En tout cas, j’étais prêt. Je ne sais pas ce qui m’est arrivé, mais je me suis levé une heure avant le réveil que j’avais programmé. A six heures, j’avais déjà les yeux ouverts ! Moi qui dors d’habitude à poings fermés.

Il faut dire que je me suis forcé à accumuler tellement d’heures de sommeil avant le départ, en prévision des courtes nuits durant la course, que je ne suis pas fatigué. Et ce n’est pas cette journée de dimanche qui m’a épuisé…

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Une image que l’on ne s’attend pas à voir sur le Dakar. Mauvaises conditions obligent, il n’y a pas eu d’action hier.

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Par précaution, j’ai même pris un petit cachet pour être sûr de trouver le sommeil, et surtout ne pas entendre les ronflements de Daniel (Elena, mon copilote) ! Notre camping-car est certes confortable, il y a quand même un peu de promiscuité. 

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« Les motards, eux, ont dû déguster ! »

© Instagram Sébastien Loeb WRC

 
Quand on est parti du parc d’assistance de Rosario, on ne savait pas encore que la spéciale allait être annulé. On l’a appris par texto. C’est un copain de Daniel, resté en France, qui nous a communiqué l’info. Dans ces cas-là, la journée devient vite longue. Parce que les kilomètres, il faut quand même les avaler, sauf qu’il n’y a pas l’adrénaline de la course.

C’est long, 500 bornes, quand tu es limité à 110 km/h. Alors on a fait notre petite sortie du dimanche en auto, sous la pluie, comme un vieux couple.

« On a trouvé une astuce pour fixer le capot un peu mieux. On verra vite si c’était une idée de génie… »
Sébastien Loeb

En arrivant à Villa Carlos Paz, on a eu le temps de préparer l’étape de lundi. Daniel a peaufiné son road-book. Moi, je n’ai rien fait… Enfin si. Je suis allé voir mon ingénieur et les mécanos. Mon inquiétude concerne le maintien de notre capot. Dans les passages de gué, quand l’eau s’engouffre par en dessous, il se soulève et vient taper contre le pare-brise. C’est arrivé à Carlos Sainz dès le prologue. Il s’est fait une petite frayeur, l’espace de deux secondes, jusqu’à ce que le capot s’envole. Du coup, on a trouvé une astuce pour le fixer un peu mieux. On verra vite si c’était une idée de génie…

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Loeb et son copilote excellent et ronfleur au sec, ça c’était avant le départ. À quand la course?

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool


Tout à l’heure, je suis allé au briefing quotidien et obligatoire pour tous les pilotes. On a appris que la longue spéciale vers Termas de Rio Hondo sera rabotée d’une centaine de kilomètres, toujours à cause des mauvaises conditions météo. Du coup, on gagne une heure de sommeil ! Mais la difficulté sera déjà suffisamment conséquente pour savoir où on en est. J’ai hâte de savoir.

Sinon, ça fait toujours plaisir de revenir à Villa Carlos Paz. À l’époque du rallye WRC, je me suis toujours plu ici. Seul Carlos Sainz m’a battu, lors de ma deuxième année. La première, j’étais sorti de la route, tout seul comme un grand. Mais ensuite, je me suis imposé huit fois de suite. C’est un peu chez moi, ici !

Le coucher de soleil sur le lac est toujours aussi beau. Sauf que maintenant, je ne dors plus à l’hôtel qui le surplombe, mais au camping de Peugeot !

J’ai un peu hésité, mais j’ai envie de dîner en ville. À la Volenta, l’asado qui sert une viande rouge magnifique. Sauf que là, je vais éviter le bife de chorizo. J’en ai assez mangé. Ce sera donc du pollo (poulet) et des pâtes. Les patrons sont adorables et m’accueillent les bras ouverts. Il doit encore y avoir l’une ou l’autre photo de l’époque du rallye. Carlos (Sainz), qui m’y a emmené la première fois, est aussi tenté. Il est plus sage que moi et est resté à la cantine du bivouac. J’espère qu’il ne va pas me mettre cinq minutes dans la vue, demain !

Prochaine épisode à Termas de Rio Hondo… »

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01 2016 redbulletin.com

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