Le blog de Seb Loeb #5

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #5

Photo d’ouverture : Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Cinquième journée : la spéciale de Jujuy, une épreuve plus « facile », et un système « sentinel » qui n’en fait qu’à sa tête. 


Mercredi 6 janvier 2016, 20 heures,
parc d’assistance de San Salvador de Jujuy

« Je suis arrivé à Jujuy en tête du Dakar. Je repars de Jujuy à la première place. On peut donc dire que ces deux journées à Jujuy se sont globalement bien passées ! Avec Daniel, on se marre à chaque fois que l’on prononce le nom de cette ville…

Ce matin (mercredi), déjà, j’étais plutôt content de me lever sans qu’il ne pleuve des cordes. Par rapport à l’orage de malade qu’on a essuyé la veille, c’était déjà un sacré progrès. Pour autant, j’ai préféré rester dans mon camping-car pour prendre le petit dèj’, plutôt que d’aller à la cantine. On s’y fait, au confort de sa petite maison mobile.

On est parti vers la spéciale du jour l’esprit assez serein. On a un peu d’avance au général, on sait que la Peugeot marche bien. Et le tracé ne me paraissait pas trop compliqué. Certes, c’était le premier long chrono du rallye, avec plus de 400 bornes à courir. Du coup, je ne voulais pas trop «taper» dans la caisse. On est en configuration «marathon». Ce qui veut dire que l’on doit reprendre la voiture en l’état, demain matin (jeudi), sans l’intervention des mécaniciens. Il faut donc la ménager, éviter toute connerie, préserver les pneus, etc. 

Entre le parc d’assistance et le départ, tu passes de 1 200m à 4 000m. Arrivé là-haut, au petit matin, la tête tourne un peu. Mais je n’avais pas non plus mal à la tête, encore moins de vertige. Il faut juste s’adapter. C’est aussi pour cette raison que je ne suis pas parti à bloc, comme la veille. 

« En y réfléchissant, je me suis demandé comment un mec pouvait me remonter dans une ligne droite alors que j’étais à 180… »
Sébastien Loeb

 Il faut dire que le profil du parcours ne s’y prêtait pas vraiment. Là, on se retrouve d’entrée dans un environnement désertique, complètement différent de celui de la veille, avec beaucoup de changements de rythme. Comme j’étais la première auto sur la route, il a déjà fallu que je trouve la bonne trajectoire. Celles des motos qui passent avant n’ont rien à voir avec les nôtres.

Physiquement, c’était dix fois plus facile que mardi. Rapidement, on s’est retrouvé sur des portions de longue ligne droite. Là, il n’y a pas grand-chose à faire, si ce n’est anticiper les difficultés qui arrivent dans cinq ou six kilomètres. J’ai même quelque fois pris le road-book des mains de Daniel pour voir la prochaine note. On a même eu le temps de parler de chose et d’autre. Bref, de dire quelques conneries. À 180 km/h, il faut quand même faire gaffe !

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« Eh oui, les pilotes peuvent aussi bosser sur le road-book. Bon, c’était plus pour la photo. Le reste du temps, c’est Daniel qui s’y colle. »

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

La seule péripétie que l’on a vécue, c’est le déclenchement de notre système « sentinel ». Une sonnerie retentit dans l’habitacle pour te prévenir qu’une voiture se rapproche de toi à une distance de 200 m. Dans ce cas, tu dois te pousser pour la laisser passer.

Le problème, c’est que le truc est mal réglé. Quand ça a sonné, je suis sorti de la piste pour rouler à 20 à l’heure. D’abord, j’ai pensé que c’était Carlos Sainz qui me rattrapait. Et comme je n’allais pas spécialement fort, cela ne m’a même pas surpris. Mais en y réfléchissant, je me suis demandé comment un mec pouvait me remonter dans une ligne droite alors que j’étais à 180… Bien sûr, il n’y avait personne. Et quand ça me l’a refait, je n’y ai plus prêté attention !

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« À plus de 3500 m d’altitude, le décor change. Et la tête tourne un petit peu. »

© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

Au final, je prends la troisième place de la spéciale, derrière mes équipiers Peterhansel et Sainz. Même si je n’y connais pas grand-chose, je ne suis pas loin de penser que c’est la meilleure place.

« J’imagine que ça va se compliquer, mais ce sera pareil pour tout le monde. »
Sébastien Loeb

Parce que c’est à cette position que je m’élancerai demain (jeudi) vers Uyuni et les hauts plateaux boliviens. Et pour la première fois depuis le départ, on va attaquer le hors-piste. Pour ne pas se perdre, je me dis qu’il mieux vaut voir la trace de quelqu’un… J’imagine que ça va se compliquer, mais ce sera pareil pour tout le monde.

Ce soir (mercredi), on a eu la visite du directeur de la marque Peugeot, Maxime Picat. Avec tous les équipages, on s’est retrouvé un petit moment à l’heure du dîner, au bivouac. Avec nos deux doublés lors des premières étapes et le triplé d’hier (mercredi), il nous a dit qu’il était satisfait de nous. Si c’est le patron qui le dit !

Là, il est l’heure de rentrer à l’hôtel. On n’a pas le droit de dormir dans le camping-car, car toute forme d’assistance est interdite. Au revoir Jujuy, on se retrouve à Uyuni ! »

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01 2016 redbulletin.com

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