Le blog de Seb Loeb #6

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #6

Photo d’ouverture : Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Sixième journée : première étape victorieuse en Bolivie à Uyuni, un «terrain connu» qui ressemble à celui du WRC, et un hommage à Daniel Elena.


Jeudi 7 janvier,
22 heures,
parc d’assistance d’Uyuni, Bolivie

« Nous voilà en Bolivie. C’est un pays où je n’avais encore jamais mis les pieds. Et je dois dire que c’est assez dingue ! En Argentine, déjà, les gens sont fous de sport auto. Tu le ressens au bord des routes. En début de rallye, quand il pleuvait des cordes, la foule était quand même là, les pieds dans la boue, trempée, mais contente.

Ici, c’est encore différent. Dès que l’on a franchi la frontière, il y avait des drapeaux rouge-jaune-vert de partout. Tout le monde était dehors. Ça fait plaisir de voir un tel engouement. Quand je suis arrivé dans les rues d’Uyuni, c’était la fête dans la ville. Même le président bolivien Evo Morales nous a accueillis sur le podium. Il a pris un selfie. On ne voit ça nulle part ailleurs ! C’est d’autant plus sympa que l’on a coupé la ligne en vainqueurs, pour la troisième fois en quatre étapes. C’est chouette, mais je ne sais pas quoi penser de ce début de Dakar. 

En essais, à l’automne dernier dans le désert marocain, j’avais bien vu que je pouvais aller vite et où se situaient les limites de la voiture. À ce moment-là, je me suis convaincu qu’il n’y avait aucune raison que je ne sois pas capable de faire quelque chose sur le Dakar. Mais de là à être devant, de gagner trois étapes, je ne pouvais pas m’y attendre, même pas en rêve.

Les deux premières, c’est vrai, ressemblaient plus à du rallye classique. J’étais en terrain connu, en tout cas qui ressemblait à celui du WRC. Je savais que je pouvais être dans le coup. Mais aujourd’hui (jeudi), c’était un vrai test. Pour la première fois, on a fait de la navigation, un peu de hors-piste. 

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© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

 J’attendais cette étape-là pour nous situer. Et ça c’est bien passé. Avant le départ, j’ai jeté un œil sur les notes de Daniel. Tout était clair et nickel. Du coup, j’ai pu attaquer sans retenue. Il a fait un super boulot. Autant, je considère que les deux premiers succès étaient pour moi. Mais celui-là, il est tout autant pour Daniel. Je savais qu’il était capable de le faire. Avec un peu plus de préparation qu’au Maroc, ça ne peut qu’être plus efficace. J’espère que ça va continuer ! 

La seule faute de la journée, c’est moi qui l’ai commise. Dans une épingle annoncée à droite, je suis parti à gauche. Le temps de faire demi-tour, j’ai dû perdre une trentaine de secondes. Daniel m’a alors dit que ça n’était pas plus mal de ne pas gagner cette étape. Comme ça, on n’aurait pas à ouvrir la route le lendemain. Je lui ai répondu que le meilleur temps serait certainement pour nous.

« Autant, je considère que les deux premiers succès étaient pour moi. Mais celui-là, il est tout autant pour Daniel. Je savais qu’il était capable de le faire. »
Sébastien Loeb

Dans les collines, je voyais bien les voitures de Carlos Sainz et de Stéphane Peterhansel qui étaient parties devant nous. Il était évident qu’on leur avait repris du temps, malgré un problème de turbo en fin d’étape. 

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© Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

 Au volant, tout est parfait. Et le pilotage se fait au feeling, au naturel. Tu ne sais pas trop où tu vas, tu ne calcules rien, c’est une découverte totale. Mais comme tu es en confiance, tu peux attaquer !

On s’est constitué un peu d’avance au général (plus de sept minutes sur le deuxième, Peterhansel), mais on n’est même pas à mi-parcours. Le plus difficile est à venir, avec les étapes de Fiambala et de Belen, en deuxième semaine. En rallye, j’étais habitué à gérer mon effort sur trois jours. Là, il va falloir tenir le cap.

Ça commence dès demain (vendredi) dans une immense boucle de plus de cinq cents bornes autour du Salar d’Uyuni. Mais je ne suis ni fatigué, ni déconcentré. Même l’altitude ne m’a pas déboussolé. Comme les Boliviens, j’ai mâché quelques feuilles de coca. Je ne sais pas si ça sert à quelque chose, mais en tout cas, je tiens le coup. 

La victoire finale ? On commence à l’espérer. Mais on est encore loin du but. On se retrouve demain, toujours en Bolivie, toujours à Uyuni. »

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01 2016 redbulletin.com

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