Le blog de Seb Loeb #8

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #8

Photo d’ouverture : Marcelo Maragni/Red Bull Content Pool

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Huitième volet : la première semaine s’achève, le rythme de la course est soutenu. Et malgré quelques soucis mécaniques, à mi-parcours, Loeb et Elena sont en tête. 


Samedi 9 janvier,
21 heures,
restaurant El Viejo Jack, Salta

« La première semaine du Dakar est passée. Pour la première fois depuis le départ, voilà sept jours à Buenos Aires, je peux souffler un peu, sortir du bivouac, couper avec la course et les contraintes du Dakar, puisque l’on a une journée de repos dimanche.

J’avais vraiment hâte de changer d’air et de me faire plaisir. Du coup, dès que je suis arrivé à l’hôtel de Salta, j’ai demandé où je pouvais trouver un bon restaurant à viande.

J’ai envie de me poser, de discuter avec mes potes qui sont venus d’Europe et que j’ai à peine vu, autour d’un bife de lomo ou de chorizo et d’un verre de Malbec. Daniel partage le même désir. On est à fond dans notre truc depuis tellement longtemps que l’on n’a plus l’occasion de penser à autre chose.

Aujourd’hui (samedi), ça a encore été une étape forte en émotions et en coups de stress. J’avais perdu la première place au général vendredi, après avoir été victime de deux crevaisons et d’un souci mécanique. Là, je l’ai reprise à Stéphane Peterhansel, mais ça n’a pas été simple.

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« On est en tête à mi-parcours. Et ça, je ne l’avais pas vraiment imaginé avant le départ. »

© Eric Vargiolu / DPPI / Red Bull Content Pool

 D’Uyuni, en Bolivie, sur le chemin du retour vers l’Argentine, la première partie de la spéciale s’est super bien passée. J’ai pu rouler à bloc et creuser de gros écarts.

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© Eric Vargiolu / DPPI / Red Bull Content Pool

 Mais ensuite, sur le parcours de liaison à partir de la frontière jusqu’au départ du second secteur chronométré, on a commencé à connaître des ennuis.

Avant le départ, le moteur s’est mis à «ratatouiller». Il n’avait plus de puissance, plus de souffle et faisait un bruit bizarre. J’ai pensé très fort que l’on ne serait certainement pas à l’arrivée… J’ai dû couper et réenclencher à dix reprises le coupe-circuit, sans résultat.

Et d’un coup, notre Peugeot s’est remise en marche. J’ai dit à Daniel : «Regarde, notre auto, elle est motivée. Je pense qu’elle veut gagner !» Mais toutes ces péripéties m’ont quand même un peu perturbé. On a fait deux petites erreurs de navigation dans un gué, où on n’a pas trouvé la sortie.

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© Flavien Duhamel/Red Bull Content Pool

« J’ai dit à Daniel : «Regarde, notre auto, elle est motivée. Je pense qu’elle veut gagner !» »
Sébastien Loeb

Daniel s’est planté pour la première fois en navigation, et on a dû perdre deux minutes dans l’affaire, avant de retrouver la bonne piste. Et ensuite, notre problème de gestion de turbo s’est résorbé. On a de nouveau pu attaquer à bloc. 

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© Eric Vargiolu / DPPI / Red Bull Content Pool

 
Au final, on finit l’étape derrière Carlos Sainz mais on reprend du temps à Stéphane Peterhansel. Suffisamment pour virer à nouveau en tête au général (2’22’’). C’est un peu frustrant, parce que l’avance aurait pu être plus conséquente. Mais on est en tête à mi-parcours. Et ça, je ne l’avais pas vraiment imaginé avant le départ. En une semaine, j’ai appris pas mal de choses. Je me rends compte que le rythme est élevé. Au début, je pensais que sans notes précises, on allait rouler comme on le sent. En fait, il faut attaquer  fort pour être devant. Au niveau de la concentration, c’est difficile de ne pas se laisser distraire. Les spéciales et les étapes de course sont longues. J’ai l’impression que ça ne se termine jamais.

Ce qui me rassure, c’est que je suis dans le rythme. Mais à partir de lundi, on va aborder les gros morceaux de ce Dakar, du côté de Belén et des dunes de Fiambala. Là, il s’agira de ne pas se planter. Si tu te mets à «jardiner» dans le sable, tu peux vite concéder une demi-heure… Il va falloir bien préparer ces étapes-là, parce que l’on a beaucoup à y perdre.

Mais maintenant, j’ai plutôt envie de savourer. Et surtout de penser à autre chose. À demain… »

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01 2016 redbulletin.com

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