Le blog de Seb Loeb #9

Dakar 2016 - 
Le blog de Seb Loeb #9

Photos : Flavien Duhamel

Sébastien Loeb livre chaque jour le journal de bord de son premier DAKAR en exclusivité à redbulletin.com. Neuvième journée : day off et bilan après une semaine, les choses sérieuses commencent vraiment.


Dimanche 10 janvier,
19 heures,
parc d’assistance de Salta

« Ça ressemble à quoi, une journée de repos sur le Dakar ? Eh bien, ce n’est pas de tout repos ! En fait, ça a commencé par un briefing de l’équipe ce matin (dimanche), au parc d’assistance. Pour ce qui est de la grasse matinée, c’est loupé…

Ensuite, il y a eu une série d’interview. À midi, je me suis échappé avec mes potes d’Alsace et de Suisse pour aller déjeuner dans le restaurant de la belle-famille de «Pechito» Lopez, mon ancien coéquipier de Citroën en WTCC. C’est une hacienda super sympa à l’extérieur de Salta, en pleine nature.

Ensuite, j’ai été de retour au parc d’assistance en début d’après-midi pour une nouvelle série d’interview. Et à 17 heures, il y a eu une conférence de presse Peugeot. Ce soir, je vais encore prendre la voiture de course pour faire un tour sur les routes du secteur.

Non, je n’ai pas l’intention de faire le malin en ville avec la 2008 DKR ! En fait, les mécanos ont profité de cette journée de repos pour changer toute une série de pièces. Je vais vérifier que tout fonctionne bien et roder un peu la voiture avant le départ.

Bref, j’ai passé mon dimanche au parc d’assistance. Je n’ai pas eu l’occasion d’aller à la piscine ! Certes, c’est moins fatigant qu’une étape avec 300 bornes de spéciale et 400 de liaison, mais c’est animé quand même. 

« On part dans une nouvelle aventure. Ce que l’on a fait la première semaine, c’est bien. Mais ce qui nous attend, c’est un nouveau saut dans l’inconnu. »
Sébastien Loeb

 J’en ai aussi profité pour travailler avec Daniel sur le parcours de demain. C’est toujours pareil : on récupère le road-book du lendemain en début de soirée. Daniel commence alors une longue séance de boulot pour affiner les notes, case par case. Il y travaille avec beaucoup de rigueur et de méticulosité.

Là, il redouble d’effort parce que l’on aborde la partie difficile de l’épreuve, avec trois grosses journées de navigation en perspective, du côté de Belén puis dans les dunes de Fiambala. On part dans une nouvelle aventure. Ce que l’on a fait la première semaine, c’est bien. Mais ce qui nous attend, c’est un nouveau saut dans l’inconnu.

Je ne crains pas ces étapes, même si je sais que j’ai beaucoup à y perdre. Ce terrain est normalement une affaire de spécialistes. Je sais qu’il faut éviter les pièges, mais j’ignore comment m’y prendre ! Même pour demain (lundi), j’hésite encore concernant la stratégie à adopter : entre attaquer à bloc pour essayer de creuser les écarts ou gérer tranquillement pour ne pas à avoir à ouvrir la route le lendemain, j’hésite.

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« Pour être efficace dans le hors-piste, il faut suivre à la lettre, au mètre et au cap près les indications du road-book. »
Sébastien Loeb

J’en ai discuté avec des motards qui me conseillent de ne surtout pas être devant à Belén. En même temps, je n’ai pas les moyens de gérer. Donc on va procéder comme en début de rallye, sans se poser de questions. Quand on s’est retrouvé en tête, on s’est dit : «Cool, continuons comme ça». Et ça a plutôt bien fonctionné ! 

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  C’est sûr que mon déficit d’expérience par rapport à mes équipiers, Stéphane Peterhansel ou Carlos Sainz, ne se rattrape pas en une semaine. Mais je me dis que l’on n’est pas plus bête que les autres. Pour être efficace dans le hors-piste, il faut suivre à la lettre, au mètre et au cap près les indications du road-book.

Dans l’absolu, on en est capable. Daniel a compris comment ça marche. Il est précis dans ses distances, il n’y a aucune raison qu’il n’y arrive pas. Après, tout le monde nous dit que c’est tellement compliqué…  Bon, si on se retrouve seuls au milieu de nulle part, cela voudra dire que l’on s’est perdu. Un gars d’expérience, lui, retrouvera peut-être plus rapidement le bon chemin. Nous, on risque de «jardiner», à savoir tourner en rond avant de retrouver le bon cap…

La logique voudrait que l’on  perde du temps sur Peterhansel dès demain après-midi. Mais il y a tellement de questions qui se bousculent qu’au final, il vaut mieux ne pas trop se prendre la tête. On verra bien où on en sera jeudi matin. Ma femme Séverine et ma fille Valentine arrivent ce jour-là. Ce serait bien d’être encore en tête pour leur arrivée. Bien et surprenant !

À demain, à Belén. »

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01 2016 redbulletin.com

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