Newall Hunter - Adventurer Grand Slam

L’Explorers Grand Slam

Photo : Henry Hunt

Pour relever ce défi, les explorateurs doivent atteindre le pôle Nord et le pôle Sud, et gravir les sept sommets – les sept plus hautes montagnes sur les continents.

L’Explorers Grand Slam, soit gravir sept des plus hauts sommets du monde et atteindre les deux pôles, est un exploit peu commun, réalisé par une quinzaine de personnes. Newall Hunter, le dernier à rejoindre ce club très fermél n’est pas un athlète ou un explorateur pro, mais un ingénieur informatique écossais de 53 ans en mal d’aventures. 

LA ROUTE :

  1. Antarctique, Pôle Sud
  2. Europe, Elbrouz
  3. Amérique du Nord, Denali
  4. Océanie, Puncak Jaya
  5. Arctique, Pôle Nord
  6. Asie, Everest
  7. Antarctique, Mont Vinson
  8. Afrique, Kilimandjaro
  9. Amérique du Sud, Aconcagua
Explorers Grand Slam
Cliquer pour lire la suite

1 ANTARCTIQUE, PÔLE SUD

2014/15
Budget : 70 000 €


« J’ai décidé de faire le pôle Sud en solo. Je me suis dit que j’allais marcher de la mer jusqu’au pôle. J’ai choisi un itinéraire emprunté par seulement 2 personnes jusque-là : la route Messner. Le poids, c’est la base. Il faut le réduire au maximum. Je skiais et traînais mon paquetage 12 heures par jour. Ça pouvait aller de 18 à 28 kilomètres, selon le terrain et les conditions. Je dépensais 10 000 calories par jour, et n’en consommais que 6 500. J’ai perdu 18,5 kilos en 41 jours. » 

« Une expédition en solo, c’est une préparation de folie. »

2 EUROPE, ELBROUZ

Russie
2016
Budget : 5 800 €


« Depuis le sommet de l’Elbrouz, on a la Géorgie au sud, l’Ukraine à l’ouest et la Tchétchénie à l’est. Tout le monde passe par le sud. De ce côté, l’ascension est très facile. Mais j’ai décidé de passer par le nord. Nous sommes partis de la ville la plus proche et nous avons parcouru 90 km de chemins tout-terrain dans un gros 4×4. En hiver, pour les 20 derniers kilomètres, il faut sortir de la voiture et continuer à ski pour atteindre le pied de la montagne. Nous avons skié tout du long jusqu’au sommet. Personne ne l’avait jamais fait auparavant. »

« Nous avons été les premiers à skier du pied de la montagne jusqu’au sommet, avant de redescendre. Je ne l’aurais jamais fait à pied. À ski, c’était idéal. »
Europe, Mt Elbrus

L’Elbrouz.

© Dani Castillo Lofthouse

3 AMÉRIQUE DU NORD, DENALI

Alaska (USA)
2010/16
Budget : 11 000 €


« Quand j’ai commencé à penser sérieusement à faire les sept sommets, je me suis dit que j’allais tester mes capacités en attaquant la phase suivante avec du lourd : le Denali, la montagne la plus froide du monde, à ce qu’on dit. Un froid absolument terrible. Pour faire des choses à – 36 ˚C, monter les tentes, les démonter, s’habiller, mettre et enlever ses skis… Il faut avoir une stratégie et une méthode, ne pas gaspiller son énergie. On est à la merci des éléments, mais avec une stratégie, on s’en sort. »

« Si vous ne savez pas ce que vous faites, la gelure vous guette. »
North America, Mt Denali

Le Denali.

4 OCÉANIE, PUNCAK JAYA

Indonésie
2015
Budget : 23 000 €


« Certains se rabattent sur une montagne en Australie à la place, qui ne fait que 2 228 mètres de haut – celle-là fait 4 884 mètres, c’est une vraie montagne. La plus grande mine d’or et la troisième plus grande mine de cuivre du monde sont là-bas. Le gouvernement indonésien ne laisse personne approcher de la mine, il faut la survoler en hélico, atterrir sur les contreforts et grimper à partir de là. »

« Dur à gravir et difficile d’accès en raison de la situation politique, et c’est un budget fou. »

5 ARCTIQUE, PÔLE NORD

2013
Budget : 35 000 €


« Après avoir fait le plus dur, je voulais boucler les sept sommets, et puis, j’ai réalisé qu’en fait, le Pôle Nord, ça me dirait bien car c’est un autre genre de défi. Pas besoin de savoir skier, il faut juste marcher. On a une pulka, un traîneau qu’on tire derrière soi avec la tente, la nourriture et le ravitaillement. On avance sur des skis en traînant sa pulka. Et on s’arrête à la fin de la journée, on monte la tente. J’appelle ça du camping extrême très bien organisé ! »

« Il fait froid et humide. C’est horrible. On le sent jusqu’aux os. Pas moyen de faire sécher quoi que ce soit. »
ASIA, MT EVEREST

L’Everest.

© newall hunter

Cliquer pour lire la suite

6 ASIE, EVEREST

Népal
2011
Budget : 70 000 €

« La seule façon dont je pourrais décrire mon arrivée au sommet c’est avec le monologue de Rutger Hauer à la fin de Blade Runner. “J’ai vu tant de choses que vous humains ne pourriez pas croire”, surtout l’émotion avec laquelle il le dit. J’ai ressenti un sentiment de paix, dans le sens où je ne m’étais pas autorisé à croire que j’y arriverais avant d’atteindre le sommet. Il y a une vidéo de moi là-haut. L’équipe est là : “Félicitations ! Alors, tes impressions ?” et je réponds sobrement : “… on va surtout essayer de redescendre sains et saufs.” Les morts sont plus nombreux à la descente qu’à la montée car ils font moins attention. »

« J’ai éprouvé un sentiment de sérénité au sommet, et j’ai réalisé que l’on était seulement à mi-chemin. »

7 ANTARCTIQUE, MONT VINSON

2015
Budget : 17 000 €

« Normalement, le mont Vinson, c’est 51 000 €, mais ça ne m’a coûté que 17 000 € parce que j’étais sur place et que j’avais bouclé un bon job. Le mont Vinson, c’est une escalade de cinq ou six heures sur la glace. Ça monte, ça redescend et le camp à l’arrivée. Et enfin, un jour pour faire le sommet. C’est très similaire au Denali. »

« Atteindre le pôle Sud et le mont Vinson sont deux expéditions qui ont vraiment mis à mal ma vie professionnelle. J’ai englouti pas mal d’économies pour y parvenir, mais cet argent était dédié à ça ! »
Staying warm in the Antarctica

Le mont Vinson.

8 AFRIQUE, KILIMANDJARO 

Tanzanie
2004
Budget : 5 000 €


« Le Kilimandjaro, c’est une longue ascension en pente douce. Mais c’est surtout une montagne de 6 000 mètres de haut, pas une balade de santé. Certains ont des malaises – maux de tête, perte d’appétit, mal des montagnes – car ils vont trop vite.  »

« À part pour le sommet, on n’a jamais l’impression de grimper. »

9 AMÉRIQUE DU SUD, ACONCAGUA

Argentine
2003
Budget : 7 000 € 


« Pas si difficile, mais c’est raide, trois ou quatre jours jusqu’au pied de la montagne, sous une chaleur folle. Dès qu’on part du camp de base, il fait un froid glacial. Sur les 300 derniers mètres, c’est deux pas en avant, un en arrière, 3 heures durant. »

« Les derniers 300 mètres ? Des éboulis, un cauchemar. » 
Cliquer pour lire la suite
02 2017 The Red Bulletin

Article suivant