Neymar Jr.

Neymar Jr. : le prochain Cristiano Ronaldo ? 

Texte : Christian Eberle
Photos : Lucho Vidales

Neymar Jr. pourrait, dans la lignée d’un Lionel Messi ou d’un Cristiano Ronaldo, devenir le prochain meilleur joueur de foot du monde. Le Brésilien a en effet compris l’importance de l’esprit d’équipe.

Neymar Jr. a d’ores et déjà fait son entrée dans l’Histoire du football. À 20 ans, le Brésilien est déjà une star dans son pays. Peu après, il intègre le FC Barcelone et son équipe légendaire. Aux côtés de Messi, Xavi et Iniesta, il apprend l’humilité et l’esprit d’équipe. Pour se montrer aujourd’hui à son meilleur niveau. 
 

THE RED BULLETIN : Cinq titres avec le Barça l’an dernier, une troisième place dans le classement des meilleurs joueurs mondiaux : vous nous montrez là le meilleur de vous-même. Pourtant, certains avaient des doutes lorsque vous êtes arrivé à Barcelone en 2013. On vous disait trop individualiste, trop semblable à Messi, trop brésilien pour vous adapter au football européen. Vous-même, aviez-vous des doutes ?

NEYMAR JR. : Vous savez, toute ma vie, j’ai entendu des trucs du genre : « Ce garçon ne fera jamais un bon footballeur, il est trop maigre, trop petit. » Alors, je m’y suis habitué. 

Mais ça ne vous fait vraiment rien de savoir que vous êtes attendu au tournant, observé ?

Ça dépend comment tu le prends. Évidemment que les doutes peuvent faire mal, mais ils peuvent aussi être un formidable moteur et te pousser à t’améliorer. Quelqu’un te toise d’un air sceptique ? Montre-lui ce que tu as dans le ventre ! Si ça, ce n’est pas la meilleure des motivations ! Aujourd’hui, je me retrouve à Barcelone, à écrire l’Histoire du foot, avec mes potes sur le terrain. Alors, que les gens disent ce qu’ils veulent : ce qui fera la différence à la fin, c’est si tu crois vraiment à ton rêve, si tu t’y accroches, et si tu as le soutien de ta famille.

Les cinq meilleurs buts de Neymar Jr. avec le FC Barcelone.

© FC Barcelona // YouTube

Cela dit, objectivement, votre jeu ressemble pas mal à celui de Messi. Vous avez dû « limer » certaines facettes de votre personnalité pour vous intégrer dans l’équipe, notamment cesser de jouer le meneur, ou freiner votre créativité.

Oui, et c’est bien là le défi que je voulais relever. Je savais ce qui m’attendait si je voulais rester à Barcelone à jouer avec Iniesta et mon idole, Messi. Bien sûr que ce n’est pas simple, ici, de faire son trou, mais c’est justement ça qui est intéressant !

Que faut-il, justement, pour faire son trou à Barcelone ? Ça ne suffit pas d’être simplement un bon joueur…

Tu as raison, être un bon joueur de football ne suffit pas. C’est aussi une question de personnalité : et ce n’est pas parce qu’il s’agit de l’une des meilleures équipes au monde, mais plutôt parce qu’on y joue un football différent, qui se nourrit du jeu de toute l’équipe. Une fois qu’on a compris ça, tout devient plus simple. 

Certes, mais… un nouveau joueur est souvent perçu comme un concurrent potentiel. On ne va pas vous accueillir à bras ouverts en chantant : « Bienvenue chez nous ! Tiens, prends ma place si tu veux ! »

Eh bien, que vous le croyiez ou non, il n’y a pas eu de petite guerre de concurrence, au contraire. Au milieu de tous ces joueurs au palmarès impressionnant, je me suis tout de suite senti accepté. 

Neymar Jr.

Neymar Jr., 24 ans. Sa devise ? « Montre ce que tu as dans le ventre ! »

Et Messi?

Je me souviens du premier entraînement, aux côtés de Messi, Xavi, Iniesta, Valdés, Piqué… J’avais l’impression d’être dans un jeu vidéo, je me répétais : « C’est dingue, tu joues dans la même équipe que ces gars-là ! » C’est clair qu’il faut un temps d’adaptation, mais tout s’est fait naturellement, en mode relax. Mon compatriote, Dani Alves, m’a bien aidé, et Messi a été super, il m’a soutenu. Je voyais vraiment qu’il voulait m’aider à relâcher cette pression, et me donner la chance de me concentrer uniquement sur le jeu.

On dit que l’équipe de Barcelone est plus forte qu’en 2013 : y êtes-vous pour quelque chose ?

Ni plus ni moins que chacun de mes coéquipiers. Il ne s’agit pas ici de tennis, où vous êtes le seul responsable de vos victoires et de vos défaites. Il s’agit de football, avec onze joueurs sur le terrain, sans compter les remplaçants et tous ceux qui s’activent en coulisse. Chaque victoire résulte d’un travail d’équipe. Celui qui ne comprend pas ça ferait mieux de jouer au tennis.

« IL S’AGIT ICI DE FOOTBALL, AVEC 11 JOUEURS SUR LE TERRAIN, LES REMPLAÇANTS ET TOUS CEUX QUI S’ACTIVENT EN COULISSE. CHAQUE VICTOIRE RÉSULTe D’UN TRAVAIL D’ÉQUIPE. CELUI QUI NE COMPREND PAS ÇA FERAIT MIEUX DE JOUER AU TENNIS. » 
Neymar Jr.

Qu’avez-vous appris ces trois dernières saisons à Barcelone ? On entend souvent dire que vous avez gagné en maturité au sein de cette équipe. 

Disons que je suis devenu meilleur. D’abord un meilleur footballeur avec davantage de technique, de sens tactique, une meilleure puissance de tir. Mais aussi un meilleur père, ami et fils. Je ne sais pas si c’est la maturité. Ce que je peux dire, c’est que jouer à Barcelone me rend heureux.

Vous avez dû craindre que votre arrivée dans le football européen n’impose comme des restrictions sur votre jeu, et de perdre de votre créativité et de votre spontanéité. Comment êtes-vous parvenu à préserver ces qualités personnelles et vous installer dans un jeu collectif ?

Ce n’est pas une question de l’un ou l’autre. Mais bien une question de tout gérer en même temps.

Neymar Jr.

« Les équipes qui ont su tisser des liens forts sont difficiles à battre. »

Mais cela change tout de même du Brésil, où vous aviez beaucoup plus de libertés. Comme celle de faire ce qui vous passait par la tête sans trop vous soucier des autres… Après 21 ans à jouer dans la spontanéité totale, ça doit faire bizarre de faire tout à coup partie d’une équipe hypertactique. 

Non, au contraire, tu vois cela de la mauvaise manière : en fait, je n’ai rien perdu de mon individualité, je l’ai simplement intégrée au jeu qu’exige Barcelone. Mon jeu s’est donc véritablement enrichi à Barcelone. Pourquoi remettre en question tout ce qui était moi auparavant, d’ailleurs, puisque le club m’avait justement choisi pour tout ce que j’avais montré au Brésil ! Ce n’est pas en remettant tout ce que l’on a acquis en question que l’on s’améliore, mais bien en cherchant à apprendre de nouvelles choses.

LES STATS

  • Naissance : 5 février 1992 
  • Ville d’origine : Mogi das Cruzes (São Paulo)
  • Premier club : Santos 
  • Débuts au Brésil :10 août 2010 
  • Valeur estimée du transfert : 100 million d’euros (source : Transfermarkt)
  • Buts marqués (juin 2016) : Santos (54), Barcelone (55), Brésil (46)

Au Brésil, vous étiez le spécialiste des coups par surprise, qui déroutaient parfois autant l’équipe adverse que la vôtre. Alors qu’à Barcelone, toute la difficulté consiste à continuer de surprendre vos adversaires tout en conservant un jeu transparent pour vos coéquipiers. 

C’est juste : et oui, c’est difficile ! Très difficile. Le football, c’est de l’improvisation, il y a tellement de paramètres qui entrent en jeu. Finalement, c’est la qualité de l’improvisation qui va décider d’une victoire ou d’une défaite. Dans les grands clubs, il ne s’agit pas uniquement de savoir improviser à titre individuel, mais de la capacité de l’ensemble des joueurs de l’équipe à improviser de concert. 

Introducing Neymar Jr's Five

Brazil and Barcelona great, Neymar Jr is giving thousands of young football players the chance to step up their game by staging a unique knockout tournament which gets underway this week. The striker has invited players from the ages of 16 to 25 years from all over the world to team up for his five-a-side tournament, 'Neymar Jr's Five'.

Au sein du Barça, on admire beaucoup vos qualités de passeur et votre capacité à rester en retrait quand il le faut. Pas trop dur, de se faire voler la vedette au moment de tirer un but ? 

Je ne dis pas que je n’aime pas tirer des buts. Tu as déjà fait une passe à un pote qui a marqué ? Croyez-moi, aider quelqu’un à marquer procure également une grande joie. 

« Mon jeu s’est donc véritablement enrichi à Barcelone. »
Neymar Jr.

Vous parlez d’amis… est-ce qu’une équipe de potes est une équipe qui gagne ? 

Il n’est pas nécessaire d’être amis pour réussir. Mais les équipes qui ont su tisser des liens forts perdent moins facilement. C’est dur de battre une équipe composée de potes. C’est ce que nous avons compris au Barça, et nous avons fait en sorte que cela se vérifie.

Vous me conseillez donc d’aller boire plus souvent des pots avec mes collègues de boulot ?

Carrément. Pas uniquement pour réussir au travail ou avoir du succès, mais aussi parce qu’avoir des potes est une des plus belles choses au monde. C’est triste d’être seul, et pas bon de ne penser qu’à soi. La vie est tellement plus belle quand tu es entouré d’amis et de gens qui t’aiment. Plus tu connaîtras de monde, le plus de proches et d’amis tu auras, le mieux tu te porteras.

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06 2016 The Red Bulletin

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