The Fourth Phase, Travis Rice

The Fourth Phase : Travis Rice présente son nouveau film en 4K

Texte : Andreas Tzortzis   
Photos : Scott Serfas, Tim Zimmerman

Travis Rice est l’homme derrière les plus grands films de snowboard de l’histoire. Mais dans The Fourth Phase, sa volonté impitoyable de faire les choses en grand et les conséquences qui vont avec sont résolument mises en avant. Que se passe-t-il lorsque le big air ne suffit plus ? 
Tim Zimmerman
Tim Zimmerman

Tim Zimmerman, photographe embarqué dans l’aventure The fourth Phase. L’équipe média à qui l’on doit ces images époustouflantes a réalisé une prouesse. 

Bien qu’il soit au centre de deux films sur le snowboard qui ont changé à tout jamais le paysage des documentaires sportifs, Travis Rice reste une sorte d’énigme. Depuis deux décennies, le natif de Jackson Hole est connu pour faire les choses en grand dans le backcountry. Il choisit des descentes que seule une poignée de ses pairs peuvent ­envisager, encore moins tenter. That’s It, That’s All (2008) et, il y a cinq ans, The Art of Flight, ont fait connaître ses compétences à une audience de passionnés de snowboard tout d’abord, puis au grand ­public grâce à la mise en scène cinématographique typique des blockbusters.

Mais très peu de choses ont été révélées sur ­Travis, un jeune homme réfléchi qui choisit ses mots avec soin et préfère que ses amis soient sous les projecteurs. Dans The Fourth Phase, diffusé sur Red Bull TV le 2 octobre à 21 heures, la vision que ­Travis Rice a du snow et sa volonté qui lui permet de dépasser des limites sont au premier plan.

Le film est le récit de sa quête de trois ans et demi à suivre un phénomène météorologique de 

  • Tahiti 
  • au Japon,
  • en Russie 
  • et en Alaska,
  • avant un retour chez lui, dans le Wyoming.


C’est aussi l’histoire d’un chercheur qui n’accepte pas que l’acharnement qui a défini sa carrière puisse atteindre ses limites. 

© Youtube // Red Bull

THE RED BULLETIN : Vous avez grandi à Jackson Hole, lieu important dans tous vos films. Les sports de neige ont dû être une évidence dans votre vie. 
TRAVIS RICE :
 Mon père était pisteur-­secouriste. Ma mère a été la première à me poser sur des skis vers l’âge de 2 ans. J’ai skié jusqu’à mes 12-13 ans. Puis, j’ai voulu essayer le snowboard, qui avait l’air super fun, et j’étais un peu déchiré entre les deux, car j’avais toujours skié. 
Votre père, aussi, était un skieur de longue date… 
Je pense qu’il aurait aimé me dire : « Es-tu sûr de vouloir faire ça ? » Au final, c’est juste que je n’avais pas beaucoup de plaisir à tourner simplement sur des skis, j’avais envie d’une journée de poudreuse épique. Lorsque j’ai commencé à faire du snowboard, un simple virage était un défi. J’étais heureux et excité de comprendre les nuances d’un virage entamé. Le snowboard est asymétrique. C’est un peu plus périlleux et difficile, mais c’est de là que vient cette sorte de forme artistique consistant à se pencher dans un virage en ne laissant qu’une trace.

The Fourth Phase suit le gyre subtropical du Pacifique nord

Gyre du Pacifique nord

L’arc narratif du film suit le parcours du gyre du Pacifique nord, plus vaste écosystème de la planète. En le suivant depuis le Pacifique sud, l’équipe du film accomplit un trip par les Alpes japonaises, la péninsule volcanique du Kamtchatka, les îles Kouriles en Russie et à travers la chaîne d’Alaska, près d’Anchorage, avant de rentrer à Jackson Hole : une quête des spots les plus isolés. 

Est-ce comme essayer de trouver un rythme, une musique ? 
Tout à fait ; et la beauté de trouver un rythme avec le virage. Si vous écoutez une chanson, elle reste habituellement sur cette mesure 4/4 et est cohérente. Tandis qu’il existe des modèles, Dame Nature n’a rien de cohérent. Vous trouvez le rythme, mais il est espacé différemment d’une chanson structurée. Parce que, quand vous descendez, vous jouez avec la topographie et votre rythme change constamment. 

Travis Rice, portrait

Travis Rice

L’un des meilleurs snowboardeurs de big mountain de sa génération, Travis a grandi à Jackson Hole, Wyoming, région d’importance dans ses trois films. Amateur ingénu de big air à l’adolescence, il continue de repousser les limites avec ses trips dans le backcountry.

 
Si l’on traduit cette approche aux hautes montagnes que vous dévalez, avez-vous besoin d’avoir une sorte de mémoire topographique pour savoir ce qui vous attend ? 
On devient un fin observateur de ce qui nous entoure. C’est en essayant et en commettant des erreurs que l’on s’améliore. On improvise rarement les descentes que l’on dévale. Lorsque vous parcourez votre descente des yeux, de loin, c’est pour identifier des repères et des monuments. Lorsque vous descendez, nombre de passages se font à l’aveugle : vous voyez à 6 m devant vous, mais rien au-delà, sinon le fond de la vallée. En fait, il faut se concentrer sur des sections. De cette manière, vous savez que ceci est un passage à l’aveugle et ceci un repère. Vous vous souvenez de ce repère et vous oubliez toute peur de le passer. Et une fois que vous l’avez passé, vous trouvez votre repère suivant. Voilà, on procède ainsi. 
Mais nous parlons de montagnes avec des dénivelés de 30 mètres, des corniches, des falaises et des angles incroyablement raides. Comment procédez-vous à ces rapides ajustements ?  
C’est la beauté que nous essayons de trouver ici. Les gens essayent de trouver le flux, où vous n’essayez pas de calculer de manière cognitive. C’est juste le principe action-réaction.  
Au sommet, êtes-vous fébrile ? Comment contrôlez-vous la peur ?  
C’est merveilleux de devoir faire de la peur votre alliée. Car la peur n’est pas une mauvaise chose, elle est là pour nous maintenir en vie. La peur primitive est là pour une raison. Je l’adore. Il faut l’adorer. C’est une vieille amie que vous étreignez encore. Je n’ai pas peur de rien. J’ai une relation saine avec cette peur. 

«VOUS RESSASSEZ l’idée DANS VOTRE TÊTE. OUI, VOUS POUVEZ LE FAIRE. FAITES SEMBLANT JUSQU’À CE QUE VOUS Y ARRIVIEZ. »
Travis Rice

Comment trouvez-vous le courage de dropper ?
Vous ressassez cette idée dans votre tête encore et encore, vous vous convainquez que vous pouvez le faire. Faites semblant jusqu’à ce que vous y arriviez (rires). Vous ne laissez aucune place au doute. Pour moi, il est crucial de toujours lâcher prise. Les 10-15 secondes avant de dropper, je pense, j’analyse, je fais toutes ces équations géométriques dans ma tête, mais après, il ne faut plus que j’y pense, je dois me vider l’esprit. Les deux dernières ­respirations servent à libérer le crâne, la gorge et le haut du torse de cette angoisse et de cette énergie, et à les faire ­redescendre dans l’estomac. C’est une forme de certitude.  
The Fourth Phase parle de votre acceptation d’être un chercheur, toujours en quête du prochain grand défi sur un terrain vierge. Quand est-ce que cela a commencé ? 
Tôt. En été, mon père pêchait à la mouche et était guide de randonnées. Nous partions donc toujours pour des aventures d’un certain niveau. J’ai travaillé pour lui en été quand j’ai été plus âgé, lorsqu’il faisait des randonnées de plusieurs jours avec bivouac. Je prenais soin des lamas. C’était tellement simple : j’étais le gardien de ces créatures majestueuses, honorifiques et puantes qui me crachaient dessus. Parcourir le backcountry est donc le produit d’une vie d’aventures.

The Fourth Phase, Jackson Hole, Wyoming

Jackson Hole, Wyoming

Le terrain de jeu de Travis depuis qu’il sait marcher. Le backcountry en local, un pied total.

Mais alors, que recherchez-vous ?  
Nous cherchons ces curiosités géologiques. Nous voulons du bizarre. Ce qui est bizarre est bon. Vous passez suffisamment de temps dans les montagnes pour chercher une topographie ou des aspects étranges sur lesquels jouer. Les bizarreries sont rares, mais vous savez qu’elles sont quelque part. Vous savez que s’il existe une petite bizarrerie et que c’est la perfection, c’est qu’il en existe d’autres. En fin de compte, il s’agit de trouver ces curiosités topographiques qui sont alignées avec d’autres éléments comme la bonne quantité de manteau neigeux, la bonne température, la protection contre le vent… tous les facteurs doivent être alignés. 

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The Fourth Phase, Hakuba, Japon

Hakuba, Japon 

Les sessions en forêt dans les Alpes japonaises sont les plus éblouissantes visuellement. Shin Biyajima s’y enfonce dans le noir. 

Le but est-il d’être le premier à descendre cette montagne particulière ? Ou de trouver la solitude ?  
C’est le fait que nous, snowboardeurs, essayons de trouver une expression créative, une interprétation de la manière de rider la montagne. Lorsque vous ridez la magnifique face plane d’une montagne, vous pouvez travailler sur les nuances de vos virages. Mais plus le chemin est ­bizarre, plus vous devez interpréter. Ce sont ces déformations bizarres du paysage qui offrent ce puzzle que vous devez décortiquer et c’est ce qui me plaît dans le facteur « bizarre ». Maintenant, l’aspect de la solitude, c’est l’une des raisons pour lesquelles toutes les personnes que je connais aiment le backcountry. Cela vous isole, vous et habituellement deux ou trois de vos amis les plus chers, vous êtes réunis, vous faites des expériences, résolvez des problèmes ensemble et cocréez. C’est cette magie d’être loin du monde et de faire des choses en petit comité.

The Fourth Phase, Hakuba, Japon

Hakuba, Japon

Mikkel Bang courtise la nature.

Il y a une citation géniale de vous dans le film : « C’est extraordinaire d’être avec quelqu’un et d’aller dans un endroit où il n’avait jamais prévu d’aller. » Vous pouvez développer ce point ? 
Je pense qu’il est question de partager la croissance humaine, en tant qu’individus. Dans ma vie, je suis perpétuellement confronté à des choses avec lesquelles je ne suis pas à l’aise. C’est tellement facile de s’en tirer en disant : « Non, c’est cool, ça ne m’intéresse pas. » Parce que, au fond de vous, il y a cette peur ancrée en chacun de nous de se tromper ou d’avoir l’air d’un idiot. Et si vous avez envie ­d’essayer, vous en tirez toujours un enseignement, même négatif. Et je suis souvent sorti de cette zone de confort. C’est la raison pour laquelle je suis doué en snowboard. C’est simplement arrivé. C’est magique de voir quelqu’un se dépasser et dire : « Et puis m**** », et tenter enfin sa chance.  
Ou le bonheur d’aspirer encore à quelque chose ?
Oui, tout à fait. Que ce soit votre première fois ou que ce soit quelque chose que vous ayez fait toute votre vie, en pensant ne pas en être capable. Au cours de ma vie, j’ai fait d’incroyables découvertes en suivant ce principe, de même qu’en étant avec des amis et en sachant qu’ils étaient capables de le faire, mais eux ne le voient pas. Pour moi, il n’y a presque rien de plus gratifiant que d’être avec quelqu’un et de l’aider à aller là où il ne savait pas qu’il pouvait aller.  
C’est un fil rouge dans le film. Vous ­emmenez des gens sur ces lieux uniques en vous basant sur le potentiel dont vous les croyez capables sur une montagne particulière. 
Oui, et c’est toute la difficulté. Je ne ­voulais pas que The Fourth Phase parle uniquement de moi, mais également de mon entourage, mes frères d’armes, les copains que j’admire et avec lesquels j’aime rider. Mais c’est difficile quand le film, à ce stade final, resserre son attention. Non… il parle de ces lieux où nous allons, de ces gens avec qui nous sommes. 

The Fourth Phase, Kamtchatka, Russie

Kamtchatka, Russie

Une péninsule volcanique qui s’avance dans l’océan Pacifique et dont les conditions météo, du genre imprévisibles, ont imposé beaucoup de temps morts.

Vous ne pensez pas que votre vie est suffisamment intéressante pour ­mériter qu’un film y soit consacré ? 
Je pense que je suis la mauvaise personne à qui poser la question. S’il cela dépendait de moi, et il est peut-être préférable que ce ne soit pas le cas, ce film serait distribué de manière plus égale, et malheureusement, nous n’avons pas assez de temps.

« Le snowboard est pluridimensionnel. C’est tellement plus que des mecs faisant des triples corks aux Jeux Olympiques. »

 J’ai créé et organisé ce voyage que nous entreprenons et j’ai eu le privilège de pouvoir inviter d’autres mecs à faire ces voyages, et je le fais parce je suis un grand fan de tous ces gars présents dans le film. Ce sont tous des mecs dynamiques et uniques à leur manière et je les aime beaucoup. Mais ce sera peut-être le ­prochain chapitre.  
Ces gars disent également que vous ne vous arrêtez jamais avant d’avoir obtenu ce que vous voulez. Qu’est-ce que vous voulez ? 
Je veux une idée pour partir de rien et ­arriver à quelque chose. Ne sommes-nous pas là pour créer, montrer et partager ? 
C’est certain, mais vous la cherchez sur des pics hauts de 3 000 mètres et des arêtes avec des drops mortels.  
Cela a été progressif. Quand on fait quelque chose depuis longtemps, on se sent à l’aise en le faisait d’une certaine manière, puis on veut aller plus loin… En fin de compte, on veut que cette chose reste intéressante, stimulante et cela ­évolue en «un peu plus loin, un peu plus grand, un peu plus dur », pour essayer de prouver que l’esprit l’emporte sur la matière. C’est progressif.  

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« C’est merveilleux de devoir faire de la peur votre alliée. Elle n’est pas mauvaise, elle vous maintient en vie. »

Montagnes Tordrillo, Alaska

L’appel du précipice. Dans les yeux du photographe Tim Zimmerman. 

Cela semble ardu.  
C’est incroyablement satisfaisant et, à un certain point, vous réalisez que c’est ­linéaire. Que c’est sans fin. Cette boucle réciproque continue tant que vous le voulez bien et je pense que, à un certain moment, vous en arrivez à vous demander quel en est l’intérêt.  

The Fourth Phase, crevasse dans les montagnes Trodrillo

Montagnes Tordrillo, Alaska

La « crevasse » que Travis a ridée pour la première fois en 2014 et que le skieur Cody Townsend a ­gérée dans une célèbre vidéo POV.

 
Quand en êtes-vous arrivé là ?  
Je n’y suis pas encore. J’ai pris conscience de cet état de fait il y a déjà un moment, parce que j’ai été poussé à explorer et j’ai cherché pendant longtemps. À un certain moment, je pense que j’ai réalisé que mes premières explorations innocentes, ouvertes et sincères s’étaient transformées en une échappatoire. Je pouvais choisir une vie insipide consistant à répondre à des e-mails et à gérer la folie médiocre de mon quotidien ou je pouvais partir et faire quelque chose de plus palpitant. C’est devenu plus qu’une échappatoire.
Pourriez-vous avoir un travail ? Quand avez-vous réalisé que vous pouviez vivre de votre passion ?
J’ai mis longtemps à réaliser que j’étais en train de devenir snowboardeur. Je travaillais dans la construction pendant l’été pour pouvoir me payer des voyages en ­hiver. À part cela, j’étais intéressé par les sciences naturelles.
Votre respect et votre amour de la ­nature ont toujours été un fil conducteur, mais comment vous en êtes-vous rapproché en dévalant des montagnes ?
Le snowboard est simplement le vaisseau, l’outil qui me permet de passer du temps à l’extérieur. D’avoir le temps d’aller dans l’œil de ces tempêtes et de voir la nature à l’état brut. 
Vous avez également rencontré votre lot d’avalanches. Quels sont les répercussions ? 
C’est un merveilleux rappel de l’existence de forces brutes autour desquelles nous essayons constamment de danser. Nous avons une grande équipe et beaucoup d’entre nous se trouvent en montagne, dans des camps, où tout le monde fait de la randonnée ou de la marche. Nous sommes donc très exposés. Pour nous, le plus important est que tout le monde rentre à la maison à la fin de la journée. Cette expérience a été pour moi un cadeau : emporte cela avec toi lors de ton prochain voyage pour mettre tout le monde à l’abri.

The Fourth Phase, avalanche dans les montagnes Trodrillo

Montagnes Tordrillo, Alaska

Les avalanches, l’un des facteurs risque numéro un pour l’équipe. Qui veille à les anticiper au mieux.

Vous avez débuté votre voyage en ­Polynésie française, où commence le cycle hydrologique que vous suivez. Vous semblez plus en paix ici que dans les montagnes, où vous cherchez ­toujours la prochaine grande découverte. 
Dans cet environnement, vous êtes poussé à ralentir, à traiter toutes les données que vous avez à ce moment unique et à maintenir un bateau à sa vitesse réduite. Le vent tourne constamment, la météo change en permanence. Et vous n’êtes qu’un gardien, commandant ce bateau. Il y a quelque chose de magnifiquement simple dans cela. 

The Fourth Phase, les montagnes Trodrillo

Montagnes Tordrillo, Alaska

La chaîne de montagnes Tordrillo en Alaska abrite certaines des zones praticables les plus isolées du monde. Elles sont la référence absolue en big mountain riding, et un spot de tournage renversant. C’est pourquoi la région n’apparaît pas seulement dans les films de Travis, mais également dans ceux d’autres riders et skieurs. Pour Travis, y prendre son envol est un must absolu.

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Vos derniers films avaient pour but de capturer le spectacle de ce que vous faites sur une montagne. Était-ce ­supposé être différent ? 
Dans les deux derniers films, nous pensons que nous avons réussi à mêler un ­cinéma de folie à des lieux incroyables… les plans aériens étant capables d’immerger les gens et de les entraîner dans la descente.

La technologie au casting

Au cours des trois ans passés par Travis et le réalisateur Jon Klaczkiewicz à filmer The Fourth Phase, ils ont exploité les progrès du matériel de tournage. Des bâtons gyrostabilisés portables sur lesquels ils fixaient une GoPro ont permis de produire des séquences de Travis en train de suivre un rider dévalant une crête, « façon jeu vidéo », déclare Jon Klaczkiewicz. De nouveaux drones, plus stables et capables de porter de plus lourdes charges, ont ouvert la possibilité de tourner des séquences de caméra Phantom à 4 000 images par seconde depuis les airs. Pas besoin d’hélico ! « La technologie d’aujourd’hui est dingue, et y accéder beaucoup plus aisé, affirme Jon. Ces progrès font que la créativité et la narration sont plus qu’un facteur de compétitivité. »

Après The Art of Flight, je n’ai pas ressenti le besoin de passer des années à refaire ce film. Je crois que notre équipe était prête à tenter de relever un défi un peu plus grand. Finalement, avec un processus de type documentaire comme celui-ci, nous ne savions pas où la fin de ce film nous mènerait. Nous ignorions que nous arrêterions ce voyage de camping dans cette stupéfiante région de l’Alaska. Nous avons pensé que trois années étaient suffisantes. Nous avions ces objectifs et ces principes que nous voulions évoquer, mais nous ne savions ­absolument pas comment ni avec quelle scène le film allait se terminer.  
Dans quelle mesure pensez-vous à l’audience ? Créez-vous pour créer ?  
Nous ne réfléchissons pas trop à la manière dont le monde extérieur le perçoit. Nous nous basons davantage sur la manière dont nous aimerions le voir. Et ce processus a été difficile, car il est difficile de changer sa vision des choses, nous persistons à considérer les choses d’une certaine manière. Le film développe cet aspect. 

« LE SNOW… LE VAISSEAU qui me permet de passer du temps dans l’Œil de ces tempêtes, de voir la nature à l’étaT BRUT. »

Quel héritage voulez-vous laisser ?
Je veux essayer de partager la manière dont je perçois le snowboard. Je le vois comme quelque chose de pluridimensionnel. C’est tellement plus que des mecs faisant des triples corks aux Jeux Olympiques. Vous regardez notre film et c’est tellement plus que des mecs dans le backcountry, en train de lutter contre la météo, maîtrisant ces sauts, dévalant ces descentes grandioses. Je crois que, à travers les films que nous avons essayés de faire, nous allons dans les montagnes et partageons de véritables expériences intimes avec des amis. Si je peux aider à transmettre cela et inspirer les gens à aller en extérieur et faire du snow, je donne le meilleur de moi-même. Le snowboard a fait beaucoup pour moi et j’espère le rendre intéressant au travers de ces films. Et au-delà du snow : découvrez-vous vous-même un peu dans la nature. Je pense que tout le monde en sort gagnant.

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09 2016 The Red Bulletin 

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