Katchamka

3 freeriders,
1 objectif

Texte : Arek Piatek
Photos : Jonas Blum

La première descente, à ski, d’un volcan sur une île inhabitée et quasi inaccessible. Onekotan se situe à l’extrême point nord-est de la Russie, au sud de la péninsule du Katchamka. 

1 L’ÎLE ISOLÉE
Onekotan, au sud du Kamtchatka et au nord-est du Japon, est une île inhabitée exposée aux tempêtes où il fait – 20 °C. Un spot optimal pour une inauguration selon Matthias Mayr : « Sur les images satellite, j’ai découvert un volcan au milieu d’un lac, raconte l’Autrichien, et l’idée d’être le premier à le dévaler ne m’a plus quitté… Après un an de préparation, direction la Russie. La mer glacée était agitée : alors que nous nous dirigions vers le rivage, une vague s’est écrasée contre la coque du bateau et a failli nous faire chavirer au large de l’île. »

Vous aimez les belles prises de vue ? Retrouvez encore plus de >>> photos de sport et d’action ici <<<

Katchamka

2  APRÈS LA TEMPÊTE
« Notre équipe, les experts de freeski Hauni Haunholder, Phil Meier et moi, avait un plan concret : ériger un camp de base et traverser le lac gelé à pied pour rejoindre le volcan le lendemain. Mais les tempêtes de neige sur Onekotan ont dépassé nos pires attentes. Là-bas, le vent glacial souffle à 150 km/h. Rien que pour monter le camp, il nous a fallu des jours : les tentes étaient constamment emportées et ensevelies sous la neige. Nous avons dormi en bivouac dans des trous que nous avions creusés nous-mêmes dans la neige. Ce qui nous a fait tenir ? La pensée de la first descent et nos quelques provisions… Sur cette photo, je suis assis près du camp après une belle tempête. Il est temps de savourer une pomme, ainsi qu’un bref moment de répit. »

Katchamka

3 TRAVERSER ? 
« Lorsque la météo l’a permis, nous avons atteint le lac et, surprise : il n’était pas gelé. Du moins, pas partout. Après plusieurs jours, nous avons trouvé une zone recouverte de plaques de glace flottantes et nous avons tenté la traversée : nous avons donc chaussé les skis pour rejoindre le volcan sur cette couche de glace si fine. Un numéro de haute voltige, car, sur un tel terrain, aucun de nous n’aurait pu sortir l’autre de l’eau en cas de chute. Nous avons avancé à allure d’escargot, tâtant la glace avec nos bâtons de ski qui sont souvent passés au travers. Une plaque s’est même dérobée sous nos pieds. Au deuxième essai, nous avons réussi à atteindre le volcan. »

Katchamka

4 DANS LES NUAGES
« Du lac au sommet du volcan, nous nous sommes avalé 1 000 mètres de dénivelé – en une heure. Pour nous récompenser de tous nos efforts, nous nous sommes offerts de magnifiques lignes dans la neige scintillante et des sauts prodigieux au milieu de ce paysage hallucinant au bout du monde… Le haut du volcan était enveloppé de nuages. Le meilleur moment : traverser la couche nuageuse en descendant et l’île majestueuse qui apparaît soudain. Inoubliable. » 

Katchamka

L’ESPOIR, À 500 KM
« Après notre retour à la base, la météo s’est dégradée. Le bateau qui devait venir nous chercher a changé de cap au large d’Onekotan : mer trop agitée. Nous étions soudain prisonniers de l’île. Ça commençait à sentir le roussi : nous avions de la nourriture pour quatre jours et les prévisions météo étaient catastrophiques. Nous avons joint un ami en Russie par téléphone satellite. Son idée : équiper un hélicoptère basé à 500 km de là de réservoirs supplémentaires et nous l’envoyer. Nous avons aussitôt accepté, malgré le prix de la mission de sauvetage : 18 000 euros… »

TOUS LES SUJETS ACTUELS EN UN CLIN D’ŒIL 

> RECEVEZ LA NEWSLETTER ! <
Cliquer pour lire la suite
12 2015 THE RED BULLETIN

Article suivant