Victor De Le Rue by Scott Serfas

Victor De Le Rue, un Français au sommet

Texte : PH Camy
Photo : Scott Serfas

Colossal, le film de Travis Rice The Fourth Phase marquera l’histoire, et booste celle d’un rider français déjà au top : Victor De Le Rue. Retour sur une expérience rare.

THE RED BULLETIN : Victor, en snow, vous mettez votre talent au service des meilleures productions photo-vidéo. Pour The Fourth Phase, il semble que Travis Rice vous a « casté » ?

VICTOR DE LE RUE : Oui, c’était il y a deux ans. Quand il m’a appelé, je me suis d’abord demandé ce qu’il me voulait. Travis, c’est le gars qui a fait les films de snow les plus fous, un niveau loin au-dessus, en terme de cinématographie et de riding. Et voilà que la star m’appelle et me dit : « On fait un trip en Alaska pour un film. On va camper, rider, pendant deux mois, et j’aimerais que tu viennes avec nous. » Ce n’est que le lendemain que j’ai réalisé. « J’ai rêvé ou quoi ?! » 

Bravo ! Mais, pourquoi vous ?

Travis voulait un gars qui puisse aller faire de gros tricks avec lui, mettre des gros tirs. « Tu as un style que j’aime beaucoup, tu sais faire du freeride et ce sera en zone glaciaire », m’a-t-il dit. Il savait que j’avais fait des trucs dans ce genre, je pense qu’il aimait mon côté freestyle, mes tricks, comme les one foot.

« Avec Travis Rice et Jeremy Jones, les gros patrons du snow, j’ai fréquenté une école d’exigence. » Victor De Le Rue

© YouTube // GoPro

Malgré votre expérience des productions vidéo, en quoi The Fourth Phase s’annonçait différent du reste ?

En temps normal, tu pars souvent avec un seul gars, ton filmeur. Tu shootes, ça va vite. Là, c’était une grosse structure, avec beaucoup de gens qui prennent des décisions, beaucoup de filmeurs, chacun doit se mettre en place. Tout cela prend du temps, mais quand ça marche, le résultat est tout simplement incroyable.

Quel était le plan d’attaque ?

Le programme prévu était une semaine à Valdez, Alaska, pour s’échauffer et faire des images, puis aller camper et filmer quelques semaines, toujours en Alaska. J’avais fait un peu de camping sur la neige mais jamais sur des grosses durées, ça s’annonçait donc très cool.

Victor de Le Rue

27 ans, né dans les Pyrénées, Victor habite Capbreton et Val Thorens. Quand il n’est pas à rider partout sur la planète pour habiter les meilleures images de snow. Les vidéos sont devenues la spécialité de ce pro du freestyle backcountry et du freeride, au bonnet fétiche.


Le tournage avec camping était dans les montagnes Tordrillo, au pied d’un glacier. On nous a déposés là-haut à l’aide de petits avions, des Beaver. Camper, c’est très cool, tu vis des moments forts avec toute l’équipe, on était une douzaine. Tu peux te lever à 4 ou 5 heures du matin pour grimper et être au sommet au lever du soleil. Tu as des lumières et des paysages de fou. Tu vis le moment à fond !

Aux côtés de Travis Rice et Jeremy Jones, une légende du snow freeride, qu’apprend-on des autorités du snow ?

Jeremy Jones, c’est LE snowboardeur de free ride américain. Avec lui et Travis, je ne pouvais pas être entouré de plus gros patrons. Ils étaient à la cool, pas en mode « on va faire le truc le plus fou de notre vie ». Pour Travis, c’était un plan plaisir. Il s’était blessé lors d’une avalanche sur notre première session de tournage, quelques semaines plus tôt. Travis te fait un truc fou quand toutes les conditions sont réunies pour que ça se passe bien. Il ne prend pas de risques stupides. C’est un gars très intelligent, super pro. Avec eux, j’ai fréquenté une école d’exigence.

Victor De Le Rue by Tim Zimmerman

VALDEZ, Alaska

Le quotidien de Victor de Le Rue ? Envoyer du très gros pour le plaisir oculaire des fans de snowboard.

© Tim Zimmerman

Que retenez-vous de ce tournage ?

L’attente…  (rires.) Entre les deux tournages, on a attendu 38 jours, car les conditions météo étaient exécrables. Mais ça valait le coup ! Tous les matins, on accédait à nos lignes à pied, en splitboard au début, et puis en raquettes, et éventuellement avec l’aide de piolets si la neige était un peu dure par endroit. 

Accéder à de telles zones, et se jeter, pour y filmer les meilleures séquences de snow au monde… faut être costaud.

Tu as, bien sûr, le stress des avalanches quand tu grimpes. Tu es sur un glacier, il faut toujours être très vigilant. Une fois en haut de ta ligne, tu as l’hélico qui te survole, avec les meilleurs gars pour la prise d’images, équipés du meilleur matos. Tu sais que si tu rides bien, ça va être dingue. 

Votre meilleur moment sur le tournage de The Fourth Phase, finalement ? 

Un jour, on a tourné un poil tard, le soleil se couchait, ça réchauffait la neige, et la montagne se « purgeait ». Il fallait faire hyper gaffe aux corniches au-dessus de nos têtes, car des rivières de neige pouvaient nous tomber dessus, nous emmener jusqu’en bas… Avec Jeremy et Travis, on a hésité. Et puis, j’y suis allé : j’ai fait ma ligne. Nickel. C’était incroyable.

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10 2016 The Red Bulletin

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