Volvo Ocean Race

La course de l’extrême en six histoires

Texte : Étienne Bonamy
Photos : Getty Images

Depuis 42 ans les équipes de la Volvo Ocean Race bravent toutes les épreuves que leurs posent la mer. Le parcours et les règles évoluent au fil des éditions, mais la course conserve sa légende.

De la Withbread à la Volvo Ocean Race, la course autour du monde à la voile en équipages a une longue tradition. Elle est conçue par le Colonel Bill Whitbread et l’Amiral Otto Steiner, membre de la Royal Naval Sailing Association, en 1971. En septembre 1973, la toute première  Whitbread Round the World Race prend le départ de Portsmouth pour 4 étapes. L’aventure est en marche et revient tous les 4 ans. En 2001, la Whitbread est rachetée par Volvo par le constructeur automobile suédois et devient la Volvo Ocean Race. Voici ses six histoires les plus spectaculaires.

1. La plus mortelle
Volvo Ocean Race

Le Groupama Sailing Team en pleine tempête pendant l’édition 2011-12, sur le chemin entre la Chine et la Nouvelle-Zélande.

Le 8 septembre 1973 à Portsmouth, au sud de l’Angleterre, les 19 équipages qui participent à cette 1re Withbread sont des pionniers. Pour un tel défi, Chay Blith, à la barre de Great Britain II, a même réuni un… commando de parachutistes pour étoffer son équipage et appréhender les risques. Dans les tempêtes incroyables des mers australes, avec  50 noeuds de vent, plusieurs marins tombent à l’eau. 3 disparaissent dont Dominique Guillet, le skipper français de 33 Export. Cinq bateaux ne finissent pas la course. La légende est née. 

2. La plus rock’n’roll

Simon Le Bon, chanteur du groupe britannique Duran Duran, se lance dans la compétition pour l’édition 1985-86 avec Drum, son grand yacht de 78 pieds. Quelques mois avant le départ, lors de la course du Fastnet, le bateau perd sa quille de 14 tonnes et chavire. L’équipage est sauvé in extremis. Le Bon et ses équipiers sont quand même au départ de la Whitbread quelques semaines plus tard. Ils sont accueillis en héros à leur retour à Portsmouth où Le Bon et ses équipiers se classent troisièmes. 

3. Le plus résistant
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Iker Martinez observe les nuages menaçants à l’horizon. Il a encore un long trajet devant lui qui le relie d’Alicante (Espagne) au Cap (Afrique du Sud). 

Le Néerlandais Cornelius Van Rietschoten est le seul skipper à avoir gagné 2 fois l’épreuve à la barre (1978 et 1982). Un exploit qu’il n’a failli jamais accomplir. Au cours de l’étape Le Cap-Auckland, à 55 ans il est victime d’une attaque cardiaque. À 10 jours de mer du port le plus proche! À bord de Ceramco, son rival néo-zélandais, se trouve un… cardiologue. Cornelius impose le silence radio à ses équipiers de peur que ses concurrents forcent l’allure. Van Rietschoten se retape et son bateau Flyer II remporte l’étape.

4. Les pionnières
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La Team SCA composée à 100% de femmes en avril 2015 en route vers le Brésil.  

3 femmes, seulement, participent à la 1re Withbread en 1973. Il faut attendre 1989 pour découvrir Maiden, le tout premier bateau engagé avec un équipage exclusivement  féminin. À la barre, la Britannique Tracy Edwards, 27 ans. Elle avait participé à la précédente course en tant qu’équipière. Le bateau remporte 2 étapes dans sa catégorie. Edwards est élue « Marin de l’année » en 1986. Aujourd’hui, plus de 100 femmes ont déjà participé à la compétition depuis sa création. Cette année, le bateau suédois, barré par  Samantha Davies, était composé à nouveau d’un « équipage » exclusivement féminin.

5. La plus belle galère
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La Team Alvimedica en route vers Le Cap on  pendant l’édition de la Volvo Ocean Race 2014-15.

En pleine pérestroïka, le bateau soviético-américain Fazisi s’attaque au Tour du monde en 1989. L’opération médiatique tourne au cauchemar. Le co-skipper russe, sous pression, se suicide lors de la 1re étape en Uruguay. Puis un autre équipier est victime d’un accident de la route. Pepsi Cola, son principal sponsor, se retire. Pour financer son budget, Fazisi doit disputer des régates à l’étape de Fort-Lauderdale et multiplie les initiatives dont une collecte organisée par une radio néo-zélandaise. Fazisi boucle quand même sa course à la 11e place. 

6. La plus « piratée »
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La Team Alvimedica en mars dernier se trouve encore en difficulté à cause des mauvais vents.

Sur mer, le danger est partout. Lors de l’édition 2011-12, pour éviter la menace très élevée d’attaques de pirates dans le nord de l’Océan Indien, la direction de course modifie en grand secret son parcours. Au départ du Cape Town, pour la 2e étape vers Abu Dhabi, les bateaux filent vers un port «caché» aux Maldives  où ils sont embarqués discrètement à bord d’un cargo pour rejoindre l’émirat sous la protection d’hommes armés. La course reprend normalement ensuite vers la Chine. Le Tour du monde ça se mérite…

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07 2015 The Red Bulletin

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